Selon un rapport de l'AEE, l'Europe vit sur les ressources naturelles de la planète [FR]
Le nouveau rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) sur l'état de l'environnement en Europe indique qu'en dépit des progrès remarquables effectués ces 20 dernières années, le continent n'est pas sur la voie du développement durable.
Le nouveau rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) sur l’état de l’environnement en Europe indique qu’en dépit des progrès remarquables effectués ces 20 dernières années, le continent n’est pas sur la voie du développement durable.
Le rapport est assez révélateur dans son analyse détaillée, bien que sa formulation reste diplomatique. Ses principales conclusions sont les suivantes:
- d’importants progrès ont été effectués au cours des 30 dernières années dans plusieurs domaines, mais on observe toujours des tendances de développement non durable dans des secteurs comme l’énergie, les transports et l’agriculture;
- l’Europe a un impact « disproportionné » sur le reste de l’environnement de la planète par son empreinte écologique (un indicateur qualitatif pour mesurer la superficie estimée de terres nécessaires pour produire les ressources et pour absorber les déchets que nous produisons);
- pour éviter un développement non durable, l’Europe doit intégrer davantage d’objectifs environnementaux dans des domaines stratégiques comme l’énergie, les transports, l’agriculture ou l’aménagement du territoire.
- les comportements des consommateurs et des producteurs doivent changer;
- internaliser les coûts effectifs de la pollution et de l’épuisement des ressources entraînera des prix plus réalistes;
- le coût de l’inaction peut être beaucoup plus élevé que celui de mesures préventives raisonnables.
Le rapport de plus de 570 pages souligne les principaux défis de la politique environnementale de l’UE:
- l’accroissement de l’urbanisation et l’expansion des zones urbaines entraînent l’épuisement du capital productif naturel;
- les changements climatiques augmentent;
- l’amélioration de l’efficacité de la production d’electricité et le recul de la demande d »énergie ont été contrebalancés par l’accroissement de la consommation d’énergie;
- certains progrès ont été faits concernant la pollution atmosphérique (phénomène du smog, pluies acides), mais les fortes concentrations de fines particules et d’ozone au noveau du sol continuent de poser des problèmes de santé (« l’Europe perd 200 millions de jours ouvrables par an en raison de maladies liées à la pollution atmosphérique »)
- les citoyens européens sont exposés à un cocktail de plus en plus riche de polluants chimiques;
- les politiques de traitement des eaux résiduaires doivent encore être améliorées;
- l’épuisement de nos ressources naturelles (stocks mondiaux de poissons, biodiversité) doit cesser.
Malgré une vue d’ensemble détaillée des défis environnementaux, le rapport reste vague dans ses recommandations stratégiques:
- il indique que les comportements des consommateurs doivent changer (comment?);
- il recommande des réformes institutionnelles (lesquelles?) et une « planification financière en faveur d’une plus grande efficacité écologique »;
- il suggère « l’abandon des subventions dommageables pour l’environnement en faveur d’actions visant à soutenir le développement et l’utilisation d’éco-innovations dans les domaines de la production industrielle, de l’énergie, des transports et de l’agriculture »;
- il plaide pour « un abandon progressif de la pratique consistant à taxer les ‘bonnes ressources’ telles que l’investissement et le travail au profit d’une taxation des ‘mauvaises ressources’ telles que la pollution et l’inefficience de l’exploitation des ressources ».