Selon la Cour des comptes, le déficit public devrait atteindre 4% en 2013
Les recettes budgétaires ne permettront pas de respecter l'objectif de 3,7%. Les économies suggérées par la Cour des comptes sont "pertinentes" mais François Hollande ne compte ni augmenter les prélèvements, ni réduire les prestations sociales.
Les recettes budgétaires ne permettront pas de respecter l’objectif de 3,7%. Les économies suggérées par la Cour des comptes sont « pertinentes » mais François Hollande ne compte ni augmenter les prélèvements, ni réduire les prestations sociales.
Faute de croissance, le déficit public se redressera plus lentement que prévu. D’après la Cour des Comptes, qui a rendu son rapport sur les finances publiques jeudi 27 juin, il atteindra 4% du produit intérieur brut fin 2013, au lieu des 3,7% prévus.
La France a obtenu un sursis de la Commission européenne pour atteindre l’objectif des 3% en 2015.
La Commission laisse la France tranquille…pour le moment
« La moitié du chemin a bien été parcourue », a déclaré le président de la Cour des comptes Didier Migaud.
« Compte tenu de l’ampleur de l’effort programmé et de l’atonie de la croissance économique en 2012 et en 2013, (…) il n’y a pas lieu d’envisager des mesures de rééquilibrage en cours d’année », a-t-il ajouté.
28 milliards d’économies pour 2014 et 2015
La prévision d’évolution de la dépense publique figurant dans le programme de stabilité présenté à Bruxelles « apparaît plausible ».
La France prête à transmettre sa feuille de route économique à Bruxelles
Il faudra dégager 13 milliards d’euros d’économies en 2014 et 15 milliards en 2015, en « mettant à contribution l’ensemble des administrations publiques », estime la Cour des comptes.
Fonction publique et assurance maladie
Pas besoin de « mesures drastiques d’austérité » comme des diminutions de prestations sociales ou de rémunérations », a insisté Didier Migaud.
La Cour suggère plusieurs mesures à « effet rapide »: gel des rémunérations dans la fonction publique, maîtrise du rythme de croissance des dépenses d’assurance maladie, révision des modalités d’indexation des prestations sociales, à l’exception des minima sociaux.
« Pour éviter de prolonger le gel du point ou de ralentir les déroulements de carrière, d’autres leviers peuvent être actionnés, notamment une réduction limitée des effectifs », ajoute-t-elle, en proposant un scénario dans lequel un départ en retraite sur six ne serait pas remplacé (soit 10.000 emplois).
Les collectivités locales doivent participer à l’effort, d’autant que leurs dépenses ont fortement augmenté estime la Cour.
Pas de prélèvements supplémentaires
Interrogé sur le rapport, en marge du Conseil européen, le président François Hollande a admis que l’objectif de 3,7% serait difficile à atteindre. « Il est à craindre que nous ayons moins de recettes que prévu » et donc « un peu plus de déficit » à la fin de l’année, a-t-il expliqué.
Il a cependant assuré qu’il n’y aurait pas de prélèvements supplémentaires pour 2013.
« La dépense 2013 doit être strictement égale pour l’Etat à la dépense 2012 », a précisé le président de la République.
Les lettres-plafond adressées aux ministres pour le budget 2014 prévoient 1,5 milliard d’euros de dépenses en moins l’an prochain par rapport à 2013, a-t-il ajouté.
Risque de dérapage
Le gouvernement, qui refuse d’actualiser son budget 2013, semble ainsi assumer le risque d’un léger dérapage budgétaire. Anticipé par de nombreux économistes, ces deniers ne redoutent cependant pas de réaction violente des marchés financiers.
Concernant les pistes évoquées par la Cour des comptes, François Hollande a jugé certaines d’entres elles « tout à fait pertinentes » mais fait part de sa réserve sur la question de l’indexation des prestations sociales.
Selon le Président, cette mesure ne peut être prise qu’en dernier recours : « il faut regarder toutes les économies avant d’aller demander aux plus modestes de participer plus substantiellement à l’effort. »