Selon Angela Merkel, il faut repenser le projet européen [FR]
La chancelière allemande Angela Merkel estime qu'il faut alléger la bureaucratie dans les institutions et qu'il est urgent de réviser le projet européen en profondeur et de définir une nouvelle mission pour l'UE.
La chancelière allemande Angela Merkel estime qu’il faut alléger la bureaucratie dans les institutions et qu’il est urgent de réviser le projet européen en profondeur et de définir une nouvelle mission pour l’UE.
Mission de l’UE :
Malgré le « succès indéniable » de l’UE en tant que « communauté de la paix », Angela Merkel considère qu’il faut redéfinir la mission de l’Europe, indiquant que sa raison d’être à la suite de la Seconde guerre mondiale ne suffit plus, selon elle, à inspirer les citoyens dans le monde d’aujourd’hui. « Je ne veux pas dramatiser les choses, mais j’estime qu’il faut plus que jamais une nouvelle raison d’être à l’UE. Nous devons, et j’en suis profondément convaincue, réviser en profondeur le projet européen. »
Mme Merkel a également souligné la nécessité de « placer les citoyens au centre et d’expliquer ce que l’Europe signifie pour leurs emplois, leur prospérité, leur sécurité sociale, leurs soins de santé et leur retraite. »
Croissance et emploi
Pour la chancelière allemande, les hommes politiques doivent démontrer aux citoyens que l’économie sociale de marché (« une idée européenne ») peut survivre. L’Europe doit redevenir une ‘success story’ en termes d’économie, d’emploi, d’éducation, de recherche et d’innovation. Elle soutient donc l’agenda de Lisbonne pour la croissance et l’emploi.
Mme Merkel a ajouté que les dirigeants politiques devaient réaliser que de nombreux citoyens sont sceptiques quant à la capacité de l’UE à résoudre les problèmes essentiels comme le chomage et la croissance faible.
Elle a salué les mesures concrètes prises par les institutions européennes pour se débarasser des règlements superflus et a recommandé de poursuivre cet effort. Selon elle, il faut ainsi réduire de 25% la législation européenne.
L’Allemagne étant la principale économie de l’UE, elle a souligné que son pays doit donner l’exemple dans ces domaines (et il en va de même pour le pacte européen de croissance et de stabilité, qu’il devra respecter).
Elargissement et politique de voisinage
Sans définir de limite elle-même, la chancelière a de nouveau demandé une définition claire des frontières de l’UE et a souligné que l’Union ne pourrait pas accepter tous les pays qui souhaitent y adhérer (voir également EURACTIV, 11 mai 2006). Par conséquent, la politique européenne de voisinage doit être « développée davantage ». Concernant la Roumanie et la Bulgarie, elle a précisé que les promesses actuelles seraient tenues.
Constitution
Angela Merkel a déclaré : « Nous avons besoin du traité constitutionnel » pour garantir que l’UE peut fonctionner plus efficacement et démocratiquement. De plus, grâce au « catalogue de valeurs européennes fondamentales » qu’il contient, il contribuera à définir l’identité culturelle de l’Europe.
Elle a promis que l’Allemagne « traiterait » la question de la constitution au cours de sa présidence, mais considère qu’il faut éviter de prendre des initiatives trop rapidement. En effet, il faut concilier de nombreux intérêts différents.