Paris et Bruxelles «sur la même longueur d’onde» pour la transition énergétique
La transition énergétique européenne est irréversible et la France est en passe d’en devenir la pionnière, s’est félicité Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne.
La transition énergétique européenne est irréversible et la France est en passe d’en devenir la pionnière, s’est félicité Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne.
« L’Europe doit avancer de manière unie », a assuré le commissaire chargé de l’Union de l’énergie lors d’un passage à Paris, tout en saluant le discours volontariste du président Emmanuel Macron sur la transition écologique.
« Nous nous sommes engagés à Paris, en 2015, et c’est pour cela que nous devons nous préparer, discuter avec les parlements nationaux et les parties prenantes partout en Europe », a-t-il indiqué, lors d’une conférence sur la transition énergétique française, organisée par Euractiv, à l’Assemblée nationale, à Paris.
Maroš Šefčovič a félicité le président français, Emmanuel Macron, pour sa vision européenne et son insistance sur la nécessité d’une politique énergétique et industrielle cohérente, née d’une coopération au niveau européen, ainsi que sur ces appels à une plus grande interconnexion des marchés de l’énergie. « L’Espagne et le Portugal se réjouissent d’apprendre que la France est ouverte à de nouvelles capacités d’interconnexion » a aussi ajouté le commissaire slovaque.
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La France a adopté la loi sur la transition énergétique, qui permettra au pays de répondre aux défis auxquels l’Europe est actuellement confrontée. « Et je suis particulièrement content de la promesse du gouvernement de dédier 9 milliards d’euros à l’incitation à l’investissement dans les rénovations thermiques dans le pays », a-t-il indiqué.
Les bâtiments absorbent aujourd’hui pas moins de 40 % de la consommation finale d’énergie dans l’UE et le taux de rénovation, à 1 % par an, ne décolle pas. « La France et l’UE sont sur la même longueur d’onde en ce qui concerne la transition énergétique », a assuré le commissaire.
La loi française prévoit une diminution de la part du nucléaire, qui devrait contribuer à hauteur de 50 % de la demande d’ici 2030, contre 75 % à l’heure actuelle. Les renouvelables représenteront d’ici là 40 % et la neutralité carbone est prévue pour 2050.
Le temps presse
L’UE est sur la bonne voie en ce qui concerne ses objectifs climatiques, puisque les émissions de CO2 reculent, mais le bilan est mitigé en matière énergétique : le compte n’y est pas pour les objectifs de renouvelables et d’efficacité énergétique.
Mais en 2015, pour la première fois, la croissance des renouvelables a dépassé la croissance des combustibles fossiles.
« Les renouvelables ont fourni 16,7 % de l’énergie consommée en 2015. C’est bien, mais nous devons intensifier nos efforts si nous voulons atteindre l’objectif de 20 % d’ici 2020 », a souligné le commissaire, qui appelle à davantage de coopération entre les parties prenantes à tous les niveaux. La France est loin d’atteindre son objectif de renouvelables, qui est de 23 % de l’énergie consommée en 2020.
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Des investissements conséquents
« Nous devons présenter nos visions en ce qui concerne la production, la distribution et la consommation d’énergie dans nos pays en 2030 », a poursuivi le commissaire. « Et nous devons montrer comment nos comptons mettre en place une économie zéro émission d’ici la moitié du siècle. »
Faire de l’Europe un continent sans émissions nécessitera cependant des investissements énormes, évalués par l’industrie à 3,4 milliards d’euros par an jusqu’aux environs de 2050. Les investisseurs ne s’engageront cependant pas sans une stratégie politique cohérente pour toute l’Europe.
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Pour Michel Derdevet, secrétaire général d’Enedis, gestionnaire du réseau électrique français, l’UE devrait se concentrer sur l’accès des consommateurs à l’énergie renouvelable. « La génération d’électricité éolienne et solaire prend de la place, et n’est donc simplement pas possible dans les villes », souligne-t-il, insistant sur le fait que les populations se concentrent de plus en plus dans un nombre limité de centres urbains.
Anne Bringault, du Réseau action climat, souligne pourtant que les villes peuvent générer environ la moitié de ce qu’elles consomment. L’autre moitié devra être générée hors des villes, mais l’interconnexion contribuera à l’efficacité des systèmes.
« L’optimisation des réseaux qui livrent l’énergie en milieu urbain est un défi purement européen », estime Michel Derdevet. « Il n’y a aucune raison d’établir des systèmes nationaux. »
Un avis partagé par l’eurodéputé luxembourgeois Claude Turmes : « les gouvernements ne peuvent livrer cette bataille chacun de leur côté, et c’est pourtant ce que la France s’entête à faire » regrette-t-il.