Secret bancaire : trois pays européens se rangent du côté de la Suisse [FR]
Le Luxembourg, l’Autriche et la Suisse ont demandé dimanche (8 mars) la protection du secret bancaire et ont parlé d’une seule voix afin d’influencer les mesures que le groupe des G20 pourrait prendre par rapport aux paradis fiscaux. Mais la Suisse a également obtenu le soutien inattendu de la présidence tchèque de l’UE sur la question.
Le Luxembourg, l’Autriche et la Suisse ont demandé dimanche (8 mars) la protection du secret bancaire et ont parlé d’une seule voix afin d’influencer les mesures que le groupe des G20 pourrait prendre par rapport aux paradis fiscaux. Mais la Suisse a également obtenu le soutien inattendu de la présidence tchèque de l’UE sur la question.
Les discussions qui se déroulent actuellement ont malheureusement lieu dans le cadre d’organisations dont nos pays ne sont pas membres, en particulier le G20, a indiqué Luc Frieden, ministre luxembourgeois du Trésor et du Budget, dans une conférence de presse conjointe avec ses homologues suisse et autrichien.
Nous pensons qu’il est inacceptable que nous n’ayons pas eu la possibilité de débattre ensemble avec nos amis européens et américains, a ajouté M. Frieden.
Les ministres européens des Finances ont également demandé à la Commission européenne d’examiner les différentes manières de répondre aux juridictions fiscales peu coopératives et de censurer ces dernières.
Nous demandons à pouvoir prendre part aux discussions au cours desquelles les critères pour les listes des « pays peu coopératifs » seront définis, a déclaré M. Frieden.
La Suisse, l’Autriche et le Luxembourg souhaitent être intégrés au débat sur les paradis fiscaux afin de trouver des moyens de maintenir le secret bancaire tout en ouvrant le dialogue sur les manières d’améliorer la collaboration sur les infractions fiscales, a-t-il déclaré.
Les Tchèques en tant que gardiens de la tradition
L’Allemagne et la France ont fait pression pour que la Suisse figure sur la liste noire, mais le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, a apporté hier son soutien aux règles suisses en matière de secret bancaire.
M. Schwarzenberg, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a indiqué au journal suisse NZZ am Sonntag qu’il ne fallait pas bousculer la tradition suisse.
Il est sûr que quelques millions d’euros s’échappent d’un trésor public ou d’un autre, aurait déclaré M. Schwarzenberg, selon le journal. Mais l’indépendance et les traditions d’un pays indépendant neutre, la Suisse, valent toutefois mieux que cela, a-t-il poursuivit.
Le ministre autrichien des Finances, Josef Proell, a pour sa part indiqué que le secret bancaire n’était pas à l’origine de la crise financière.
Nous serons également conscients du fait que certains Etats membres de l’UE repoussent, voire dépassent, les limites des principes fondamentaux des libertés européennes d’établissement et de circulation des capitaux, a souligné M. Proell.
Nous ne devrions pas débattre des économies de la directive fiscale, ni de la directive sur l’échange d’informations séparément mais dans le cadre du paquet, a relevé M. Proell. On en peut prendre de manière irréfléchie des décisions politiques comportant d’importantes répercussions sur les parties concernées, a-t-il ajouté.
(EURACTIV avec Reuters. Ce texte a été traduit de l’anglais par EURACTIV.)