Se préparer aux futures pandémies n’est pas seulement une « affaire européenne »
L’UE a réitéré son engagement à traiter les inégalités entre le Sud et le Nord dans le traité international sur les pandémies, mais alors que le texte est en cours de rédaction, de nombreuses réponses restent en suspens.
L’UE a réitéré son engagement à traiter les inégalités entre le Sud et le Nord dans le traité international de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la prévention des pandémies et la préparation à celles-ci. Toutefois, alors que le texte est en cours de rédaction, de nombreuses réponses restent en suspens.
Le traité international sur les pandémies, qui devrait être présenté en 2024, propose différentes mesures pour réduire les inégalités entre le Nord et le Sud en matière de préparation aux pandémies, telles que la constitution de stocks régionaux et le soutien à la souveraineté des pays en développement en matière de santé.
« Ces négociations pour l’accord sur les pandémies sont une occasion sans précédent de faire en sorte que l’architecture de la sécurité sanitaire mondiale surmonte les lacunes que nous avons constatées avec la Covid », a déclaré Sandra Gallina, directrice générale de la DG SANTE de la Commission européenne, aux législateurs de l’UE lors de la réunion de la commission de la Santé (ENVI) du Parlement européen, lundi (26 juin).
La directrice de la DG SANTE a insisté sur le fait que cette proposition n’est pas une « affaire européenne » et que l’UE s’est fermement engagée à trouver des solutions multilatérales aux problèmes communs mis en évidence par la pandémie. « Nous le faisons pour tous, pas [uniquement] pour l’Europe », a-t-elle affirmé.
Mme Gallina a ajouté que si le défi auquel nous sommes confrontés est commun, la manière dont cet accord devra aider les autres pays peut varier.
Après l’impact de la pandémie de Covid-19 dans le monde entier, les États membres de l’OMS ont décidé d’établir un accord sur la préparation et la réponse aux pandémies.
Le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a reconnu lors de l’Assemblée mondiale de la santé en mai que ces négociations étaient l’occasion de « tirer les leçons des erreurs commises lors de la pandémie de Covid-19 et de veiller à ce qu’elles ne se répètent pas ».
Selon le projet de texte de l’OMS, cela se fera en renforçant de manière proactive les capacités du monde à prévenir les pandémies, à s’y préparer, à y répondre et à s’en remettre.
Dans le cadre de la lutte contre les inégalités, soulignée à plusieurs reprises par Mme Gallina et M. Ghebreyesus, le projet de texte reconnaît la nécessité de relever les défis aux différents niveaux nationaux, régionaux et internationaux.
Il reconnaît également que des mesures telles que la possibilité de production régionale doivent inclure une assistance technique et un soutien clair à la capacité de production des différents pays afin d’assurer une mise en œuvre correcte.
Doutes au Parlement
La présentation de Mme Gallina a soulevé des questions parmi les eurodéputés, déconcertés par le processus et le fonctionnement du traité.
« Si je comprends bien, nous en ratifierons une partie au niveau de l’UE et certaines parties devront être ratifiées par les États membres dans leurs parlements nationaux ? », a demandé Kateřina Konečná, eurodéputée tchèque du groupe de La Gauche.
« J’aimerais comprendre comment nous pouvons aider à accélérer et à faire avancer cette action », a ajouté l’eurodéputée socialiste portugaise Sara Cerdas.
Mme Gallina a reconnu qu’à ce stade des négociations, les contours du traité restent flous, mais une chose qui semble claire dans les discussions est que la compétence sera partagée pour certaines choses et sera nationale pour d’autres.
Un élément clé à prendre en compte est que l’Union européenne n’est pas membre de l’OMS, ce qui, selon Mme Gallina, est une « honte ».
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Prochaines étapes
Lors de l’assemblée de l’OMS, le Dr Ghebreyesus a déclaré que le défi des États membres de l’organisation était de « négocier un accord solide qui sera approuvé dans douze mois ».
L’organe intergouvernemental de négociation (OIN), qui comprend les 194 pays membres de l’OMS, tiendra des réunions régulières, auxquelles la Commission européenne participera également, afin de discuter du projet de rapport.
Parallèlement à l’accord sur la pandémie et dans le cadre du plan de l’OMS visant à renforcer la préparation aux situations d’urgence sanitaire, les États membres négocient plus de 300 amendements au Règlement sanitaire international (RSI). Selon l’OMS, ces amendements seront également présentés lors de la prochaine assemblée et « constitueront un ensemble complet, complémentaire et synergique d’accords sanitaires mondiaux ».
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]