Schwarzy président ?
Selon son ancien chef de cabinet, l’ex-gouverneur de Californie pourrait prétendre au poste de président du Conseil européen.
Selon son ancien chef de cabinet, l’ex-gouverneur de Californie pourrait prétendre au poste de président du Conseil européen.
L’information est parue dans l’hebdomadaire américain Newsweek. Selon son ancien chef de cabinet, Terry Tamminen, Arnold Schwarzenegger pourrait très sérieusement chercher à devenir le prochain président du Conseil européen, poste créé par le traité de Lisbonne en 2009, qu’occupe actuellement Herman Van Rompuy.
L’idée peut faire sourire. Mais après tout, ne traduit-elle pas la vision d’un manque de leadership en Europe ?
«Dans les prochaines années, l’Union européenne va devoir se trouver un président de plus grande envergure, quelqu’un capable d’unifier l’Europe », affirme Terry Tamminen. « Les Français ne voudront pas d’un Allemand, et les Allemands ne voudront pas d’un Italien. Et s’ils choisissaient plutôt un Européen parti aux États-Unis, ressuscitant la vision d’un Washington ou d’un Jefferson d’une Europe nouvelle et unifiée? », s’interroge-t-il.
Sur le plan juridique, rien ne s’y oppose. Pour occuper une haute fonction au sein des institutions européennes, il faut tout d’abord être ressortissant d’un État membre de l’UE, explique François-Xavier Priollaud, juriste et auteur d’un ouvrage commenté sur le traité de Lisbonne. Né en Autriche en 1947, mais installé aux États-Unis depuis 43 ans, Arnold Schwarzenegger détient la double nationalité. Si le fait de ne pas être né sur le sol américain l’empêche de briguer la présidence des États-Unis, l’ex-gouverneur de Californie peut tout à fait prétendre à une fonction politique au sein des institutions de l’Union. La seule restriction qu’imposent les traités est de ne pas exercer de mandat national.
Consensus
Mais politiquement, « l’hypothèse de voir l’ancien gouverneur de Californie à la tête de l’Union européenne est impossible », affirme Olivier Costa, professeur au Collège d’Europe de Bruges. Il n’existe pas de dossier de candidature pour le poste de président du Conseil. Pas plus qu’il n’y a de campagne officielle pour les potentiels candidats.
En effet, selon l’article 15 du traité sur l’Union européenne (TUE), les chefs d’État et de gouvernement élisent le président du Conseil européen à la majorité qualifié pour une durée de deux ans et demi renouvelables une fois. Mais rien d’autre n’est précisé.
L’usage veut que les dirigeants des États membres de l’UE soumettent leurs candidats lors d’un sommet européen et aboutissent à la désignation du président par consensus. Pour qu’Arnold Schwarzenegger soit élu, il faudrait donc qu’un chef d’État en vienne à proposer son nom et que celui-ci recueille la majorité des voix. Une hypothèse peu probable.