Scandale sanitaire en Sicile : des patients attendent le résultat de leur examen histologique depuis des mois

Ces derniers mois, la ville de Trapani, en Sicile, a été au cœur d'un scandale dans le domaine de la santé concernant des retards dans le traitement des tests histologiques.

EURACTIV.com
New paediatric clinic opened in UKE hospital in Hamburg
New paediatric clinic opened in UKE hospital in Hamburg [Christian Charisius/dpa (Photo by Christian Charisius/picture alliance via Getty Images]

Ces derniers mois, la ville de Trapani, en Sicile, a été au cœur d’un scandale dans le domaine de la santé concernant de graves retards dans le traitement des tests histologiques, nécessaires pour diagnostiquer le cancer.

L’affaire a été révélée à la suite d’une plainte officielle déposée par Maria Cristina Gallo, une enseignante de 56 ans, qui a attendu huit mois pour obtenir les résultats d’un examen histologique.

Malgré de multiples recours juridiques, au moment où elle a obtenu les résultats, sa tumeur avait atteint le stade quatre et métastasé.

Lorsque le scandale a éclaté il y a deux mois, Fernando Croce, le directeur général de l’Autorité sanitaire provinciale de Trapani (ASP), a d’abord minimisé l’ampleur du problème, affirmant que seuls 244 tests étaient en attente.

Cependant, il a été révélé par la suite que plus de 3 300 échantillons étaient en attente d’analyse à l’ASP, avec des retards dépassant parfois huit mois.

Le rapport d’enquête officiel publié vendredi dernier a révélé que 206 de ces échantillons se sont révélés positifs pour des pathologies cancéreuses, dont 46 cas en 2024 et 160 en 2025.

Dans plusieurs cas, les patients ont reçu leur diagnostic trop tard pour qu’une intervention efficace soit possible. Par exemple, un homme atteint d’une tumeur en phase terminale aurait pu être facilement traité si le diagnostic avait été posé plus tôt.

Un autre cas concerne Paolo Robino, dont les résultats des tests histologiques sont arrivés 10 jours après sa mort, survenue des mois plus tôt des suites d’une crise cardiaque.

Les autorités ont d’abord nié avoir connaissance de l’arriéré, mais l’indignation publique s’est accrue après la publication du document officiel du département régional de la santé daté du 9 janvier, suggérant que les autorités étaient au courant de la crise bien avant que le scandale ne devienne public.

D’autres preuves incluent la note de Fernando Croce au département régional de la santé en juillet, reconnaissant l’arriéré et demandant l’autorisation d’externaliser les analyses histologiques en raison du manque de personnel.

L’indignation publique a été encore plus grande lorsque l’on a appris que, malgré la crise sanitaire, l’ASP a continué à allouer des fonds pour promouvoir son image après la lettre de juillet, notamment en dépensant environ 100 000 euros pour promouvoir les festivals locaux tout en négligeant les services de santé essentiels.

En réponse à la crise, le gouvernement italien a envoyé des inspecteurs à Trapani pour enquêter sur les retards et déterminer qui était responsable au sein de l’ASP et du département régional de la santé.

Alors que les résultats de l’enquête nationale sont toujours en attente, une enquête interne menée par le département de la santé de Sicile a déjà identifié une mauvaise gestion grave au sein de l’ASP de Trapani, avec des retards, des omissions, des informations incomplètes et des communications inopportunes.

La charge de travail des pathologistes de l’ASP de Trapani s’est avérée nettement inférieure aux objectifs fixés par la SIAPEC, la Société italienne d’anatomie pathologique et de cytologie diagnostique.

La SIAPEC recommande aux pathologistes de réaliser au moins 2 500 diagnostics par an, mais ceux de l’ASP de Trapani en ont réalisé entre 500 et 1 700 par an en 2023 et 2024.