Scandale de l’abattage de visons : la Première ministre danoise convoque des élections anticipées

Des élections anticipées auront lieu le 1er novembre, a annoncé mercredi (5 octobre) la Première ministre sociale-démocrate danoise, Mette Frederiksen, après les menaces de motion de censure d’un parti soutenant la coalition à la suite d’un scandale impliquant l’abattage de plusieurs millions de visons.

Euractiv.com
General elections in Denmark are announced by prime minister
La Première ministre danoise Mette Frederiksen tient une conférence de presse pour convoquer les élections anticipées de novembre, à Copenhague le 5 octobre. [EPA-EFE/Liselotte Sabroe DENMARK OUT]

Des élections anticipées auront lieu le 1er novembre, a annoncé mercredi (5 octobre) la Première ministre sociale-démocrate danoise, Mette Frederiksen, après les menaces de motion de censure d’un parti soutenant la coalition à la suite d’un scandale impliquant l’abattage de plusieurs millions de visons.

Mercredi (5 octobre), Mme Frederiksen a convoqué des élections générales après que le parti social-libéral a menacé d’émettre un vote de défiance à l’encontre du gouvernement social-démocrate.

Elle dit avoir l’intention de former un « gouvernement largeavec des partis des deux côtés du centre politique », a-t-elle déclaré, selon Ekstrabladet.

Dans son discours d’annonce des élections mercredi, Mme Frederiksen a évoqué les moments difficiles que traverse l’Europe, à savoir la guerre en Ukraine et les insécurités économiques, promettant de « surmonter la crise actuelle ».

Les derniers sondages sont très serrés. Ils créditent plusieurs partis de gauche, menés par les Sociaux-démocrates, le parti au pouvoir, de 47 à 50 %. De l’autre côté, les résultats du « bloc bleu », qui comprend le parti libéral, le parti conservateur et trois partis nationalistes de droite, sont estimés à 49 ou 50 %.

En termes de sièges, aucun des deux blocs n’aurait la majorité du Parlement danois sans le soutien des députés d’outre-mer (Groenland et îles Féroé), selon ces sondages.

Les Sociaux-démocrates dirigent le Danemark depuis 2019 dans un gouvernement minoritaire avec trois partis de soutien : les Sociaux-libéraux (Renew Europe), l’Alliance rouge-verte (groupe La Gauche) et le Parti populaire socialiste (les Verts/ALE).

Mais l’unité de la gauche a été remise en question dans ce qu’on appelle au Danemark « l’affaire du vison », à savoir l’abattage ordonné par le gouvernement social-démocrate de 15 à 17 millions de visons pendant la pandémie de Covid. À l’époque, le gouvernement craignait qu’une variante du coronavirus découverte dans certaines populations de visons ne transforme le Danemark en « nouveau Wuhan ».

L’été dernier déjà, les Sociaux-libéraux avaient exigé la tenue d’élections à l’automne, car le parti ne soutenait pas la mise en place d’un examen indépendant de la commission parlementaire chargée de l’affaire du vison. Un tel examen aurait pu à son tour servir de base à une mise en accusation du Premier ministre ou de toute autre personne pour la décision illégale d’abattre en masse les visons du pays.

Selon la Commission sur les visons, le cabinet de la Première ministre dans son ensemble a agi de manière « hautement répréhensible », ce qui constitue la deuxième forme la plus grave de critique pouvant être exprimée dans la langue officielle danoise.

Avec la Première ministre et le ministère d’État en tête, le gouvernement a commis une « erreur grossière » envers « les éleveurs de visons et le public avec la consigne clairement illégale donnée le 4 novembre 2020 ».