Sarkozy renouvelle les critiques de la BCE [FR]

Le Président français a été vivement critiqué par les banquiers de la Banque centrale européenne ainsi que par les ministres des Finances pour avoir attaqué la BCE concernant la gestion de la crise des marchés financiers internationaux.

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Le Président français a été vivement critiqué par les banquiers de la Banque centrale européenne ainsi que par les ministres des Finances pour avoir attaqué la BCE concernant la gestion de la crise des marchés financiers internationaux.

Après avoir réitéré ses attaques contre la politique monétaire de la BCE et remis en question ses actions destinées à mettre fin à la récente crise financière, le Président français Nicolas Sarkozy a suscité la colère des ministres européens des Finances et des gouverneurs de la Banque centrale, réunis lors d’une réunion informelle les 14 et 15 septembre à Porto afin de discuter des récents développements économiques et financiers.

En s’adressant à la presse le 15 septembre, Sarkozy a déclaré qu’il était « curieux » que la Banque ait injecté des liquidités dans le marché sans baisser les taux d’intérêt. Il a également ajouté qu’une telle politique bénéficierait certainement aux spéculateurs en rendant la vie plus dure aux entrepreneurs. 

Mais la France s’est retrouvée isolée entre ses partenaires européens qui ont non seulement insisté sur l’indépendance de la BCE en soutenant sa gestion de la crise financière, mais se sont aussi retournés contre la France, lui demandant de se concentrer sur ses propres faiblesses économiques.

La situation budgétaire de la France était effectivement l’une des questions à l’ordre du jour de la réunion. Le ministre français des Finances Christine Lagarde a présenté le programme national de stabilité à ses homologues de la zone euro, tout en restant préoccupée par le fait que ses propositions de réforme risquaient de porter le déficit budgétaire français à des niveaux inacceptables.

Malgré les prévisions de croissance à la baisse de la Commission et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) concernant la France, Christine Lagarde en est restée à son premier plan, présenté au mois juillet par Nicolas Sarkozy, visant à réduire le déficit budgétaire de la France de 2,5 % en 2006 à 2,4 % en 2007.

Joaquín Almunia, commissaire chargé des Finances, et Jean-Claude Juncker, « M. Euro » de l’UE et Premier ministre luxembourgeois, ont déclaré que la France devrait considérablement augmenter ses efforts si elle doit éliminer la dette publique d’ici 2010, comme l’avait promis l’ancien Président Jacques Chirac.

Mais selon Nicolas Sarkozy, il est peu probable que la croissance lente de l’économie française permette d’atteindre cet objectif avant 2012.

Les négociations au Portugal ont conclu que malgré la volatilité actuelle du marché financier, les solides bases macroéconomiques de l’UE laissaient entrevoir de bonnes  perspectives de croissance. Les ministres ont recommandé une révision des règlementations actuelles concernant les marchés financiers tout en rappelant qu’il n’y avait pas d’urgence à imposer de nouvelles règles aux agences de notation de crédit et aux banques.