Sarkozy : "Nous obtiendrons la taxe carbone aux frontières de l’Europe"

Taxe carbone, agriculture, traité de Lisbonne. L’Europe a été rapidement évoqué par le président français dans un entretien fleuve accordé au Figaro daté de vendredi 16 octobre.

Taxe carbone, agriculture, traité de Lisbonne. L’Europe a été rapidement évoqué par le président français dans un entretien fleuve accordé au Figaro daté de vendredi 16 octobre.

EN BREF  :

« Nous obtiendrons la taxe carbone aux frontières de l’Europe »,  a affirmé Nicolas Sarkozy dans son entretien au Figaro. Depuis son élection à l’Elysée, cette idée revient comme un leit motiv dans la bouche du chef de l’État. Si cette proposition soulevait en Europe une hostilité générale il y a deux ans, la crise a peut être un peu changé la donne. Les États-Unis et la Chine sont soupçonnés de protectionnisme. Or, certains États membres, notamment l’Allemagne, plaident désormais également pour que les entreprises européennes ne puissent pas être pénalisés pour leur comportement vertueux, notamment dans le domaine de la lutte contre le changement climatique, par rapport à leurs homologues américaines ou asiatiques. Reste à convaincre malgré tout la majorité des États de l’UE et surtout à faire en sorte que cette mesure, considérée comme protectionniste, soit en phase avec les règles de l’OMC.

« Je n’accepterai jamais que l’agriculture française, comme européenne, soit sacrifiée sur l’autel d’une mondialisation anarchique ». Alors que les agriculteurs organisent vendredi 16 octobre une grande manifestation, Nicolas Sarkozy a plaidé pour « une nouvelle régulation agricole qui considérera les agriculteurs comme des entrepreneurs, qui ne craindra pas la préférence communautaire et qui assurera la sécurité alimentaire des consommateurs européens ». Depuis la crise des fruits et légumes de cet été, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire est en première ligne pour défendre un nouveau modèle de régulation de l’agriculture. Il a aujourd’hui convaincu la majorité nécessaire de ses partenaires européens. Le débat sur l’avenir de la PAC commencera avec les négociations budgétaires en 2011. Nicolas Sarkozy a cependant ajouté qu’il prendrait « d’ici la fin du mois, des mesures fortes à ce sujet ». Une référence à la loi de modernisation de l’agriculture qui doit être présentée prochainement.

Le refus du président tchèque de signer le traité de Lisbonne est « d’autant plus inadmissible que le Parlement tchèque a voté en faveur du traité », a déclaré Nicolas Sarkozy à la fin de son interview. La cour constitutionnelle tchèque doit se prononcer sur un recours porté par un groupe de sénateur eurosceptique sur la comptabilité du texte avec la Constitution, ce qui pourrait ralentir le calendrier d’entrer en vigueur du texte. Mais le président de la République a martelé que, quoi qu’il arrive, cette question serait « réglée à la fin de l’année ».

Evoquant enfin la nouvelle fonction de président stable de l’UE, le président français a refusé de soutenir ouvertement l’ancien premier ministre britannique, Tony Blair. « Personnellement, je crois en une Europe forte politiquement et incarnée. Mais le fait que la Grande-Bretagne ne soit pas dans l’euro reste un problème », a déclaré Nicolas Sarkozy.