Sarkozy lie stabilité de l’euro et "règle d’or"

Dans une lettre adressée aux parlementaires français, le chef de l’État exhorte les élus à graver dans le marbre de la Constitution l’équilibre des finances publiques au nom de la stabilité de la zone euro et de leur "responsabilité commune face à l’Histoire".

EURACTIV.fr
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Dans une lettre adressée aux parlementaires français, le chef de l’État exhorte les élus à graver dans le marbre de la Constitution l’équilibre des finances publiques au nom de la stabilité de la zone euro et de leur « responsabilité commune face à l’Histoire ».

Depuis la crise grecque, la réduction des déficits publics est devenue une priorité en Europe. La Grèce en est l’exemple extrême alors que, dans le même temps, elle est soutenue à coup de milliards par ses partenaires européens.

La fin des déficits

Mais, selon Nicolas Sarkozy, les mesures prises à Bruxelles le 21 juillet dernier ne suffiront pas à enrayer définitivement la crise de la zone euro. 

Dans une lettre adressée, mardi 26 juillet et publiée par Le Monde, aux députés et sénateurs français, le chef de l’État demande implicitement aux élus de soutenir et de voter la réforme prochaine de la Constitution qui instituerait une « règle d’or » obligeant les gouvernements futurs à présenter des budgets équilibrés.

Refus de la gauche

Si le Sénat et l’Assemblée nationale ont voté le texte en terme identique (à la majorité simple), le chef de l’État ne dispose pas de la majorité des trois cinquième nécessaire à toute modification des règles constitutionnelles.

L’opposition estime que graver dans le marbre la fin des déficits publics serait une erreur, empêchant l’État d’investir sur des projets à long terme. Les enjeux de la présidentielle ne sont pas étrangers à ce refus.

Pas de montres technocratique

Nicolas Sarkozy appelle les parlementaires de tout bord  à assumer, avec lui, leur « responsabilité » face à l’Histoire.

« En France, dans les mois qui viennent, nous avons besoin aussi de nous rassembler sur ces questions essentielles, au-delà des intérêts partisans. »

Le Président considère que « nous devons doter la zone d’un véritable gouvernement économique, dont la réunion au sommet des États doit être l’élément central ». Tout en rassurant les élus nationaux sur le fait qu’il ne s’agit pas « bien évidemment, de fondre les budgets et les ministères en un seul et même monstre technocratique », ce qui serait « artificiel, illusoire et même dangereux ».

Comme l’Allemagne

« Nous devons désormais déterminer ensemble nos politiques économiques, afin de renforcer notre convergence et notre compétitivité au service de notre prospérité commune », explique-t-il. Des propositions devraient être faites en ce sens par la France et l’Allemagne, d’ici la fin de l’été, et par le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, à l’automne. 

L’Allemagne a déjà introduit la règle d’or dans sa législation.

Selon les calculs de l’Elysée, il manque à la droite entre 30 et 40 voix, compte tenu de la perte anticipée d’une dizaine de sièges lors des élections sénatoriales de septembre.