Sarkozy : les six grands Etats de l'Union doivent devenir le "nouveau moteur de l'Europe" [FR]
Nicolas Sarkozy, ministre français de l'intérieur et candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2007, a souhaité la formation d'une avant-garde de six Etats appelée à prendre la tête du processus d'intégration européenne.
Nicolas Sarkozy, ministre français de l’intérieur et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2007, a souhaité la formation d’une avant-garde de six Etats appelée à prendre la tête du processus d’intégration européenne.
Nicolas Sarkozy, ministre français de l’intérieur et président de l’UMP, a estimé que les six Etats les plus peuplés d’Europe devaient constituer le « nouveau moteur » de l’Europe.
« Il faut ouvrir le couple franco-allemand aux quatre autres grands pays, qui représentent avec lui 75% de la population européenne », a déclaré M. Sarkozy lors de la clôture d’une convention de son parti consacrée à l’Europe, avant de désigner directement la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Italie et la Pologne.
Selon la vision développée par Nicolas Sarkozy, ce groupe serait en mesure de donner « l’impulsion » initiale à de nouvelles politiques de l’Union, avant que celles-ci ne rallient le consensus des autres Etats membres.
« Nous acceptons que certains Etats soient membres de l’UE tout en ne participant pas à certaines politiques. Il s’agit de l’opt-out. Eh bien, autorisons l’opt-in! », a souligné le président de l’UMP, avant d’affirmer : « Si certains veulent en faire plus, ils doivent être autorisés à de le faire. »
Selon Nicolas Sarkozy, l’incapacité de l’UE à protéger ses citoyens des risques créés par la globalisation constitue l’une des principales explications de la victoire du « non » lors du référendum français sur la Constitution. « L’Europe n’est plus, a-t-il déclaré, perçue comme une opportunité, mais comme une menace ».
Lors de son discours, prononcé samedi 24 septembre à Paris, M. Sarkozy a par ailleurs défendu les idées suivantes :
- l’UE ne doit pas, selon lui, tolérer que ses membres se livrent à des pratiques de dumping fiscal et social ;
- les frontières de l’UE doivent être clairement définies, et ne pas englober la Turquie (avec laquelle M. Sarkozy prône la conclusion d’un « partenariat privilegié ») ;
- l’Europe doit se positionner sur des secteurs pour lesquels elle jouit d’un avantage comparatif – produits à haute valeur ajoutée (haute technologie), mais aussi agriculture et agro-alimentaire, qualifiés de « secteurs stratégiques à part entière » ;
- l’Eurogroupe doit se voir confier un mandat de gouvernance économique, seul moyen, aux yeux de Nicolas Sarkozy, de réconcilier les objectifs de contrôle de l’inflation, de réduction des déficits publics et de stimulation de la croissance économique ;
- l’énergie est « au coeur de deux des enjeux majeurs du XXIème siècle : la protection de l’environnement et la réponse à apporter à l’épuisement des réserves pétrolières », a souligné M. Sarkozy, avant d’appeler à une intensification des efforts de recherche menés au niveau européen dans le secteur des énergies propres.
- la politique de la santé doit accéder au statut de champ de compétence de l’UE, a encore affirmé le président de l’UMP.
M. Sarkozy a estimé que ses propositions pouvaient être financées par le biais d’une « légère » augmentation du budget de l’Union.