Sarkozy : Laurent Gbagbo doit partir sous peine de sanctions

Le président ivoirien sortant doit se plier sans délai au verdict des urnes sous peine d’encourir des sanctions européennes et d’avoir affaire au tribunal pénal international, a déclaré le président français de Bruxelles.

EURACTIV.fr

Le président ivoirien sortant doit se plier sans délai au verdict des urnes sous peine d’encourir des sanctions européennes et d’avoir affaire au tribunal pénal international, a déclaré le président français de Bruxelles.

Le président ivoirien sortant et son épouse « ont leur destin entre leurs mains », a dit le chef de l’État français lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil européen vendredi 17 décembre.

Si Laurent Gbagbo et sa femme n’ont pas quitté « avant la fin de la semaine » le poste qu’ils continuent d’occuper « en violation de la volonté du peuple ivoirien, ils seront nommément sur la liste des sanctions européennes », a ajouté Nicolas Sarkozy.

Les ministres des Affaires étrangères européens ont décidé lundi 12 décembre d’imposer des sanctions ciblées contre Laurent Gbagbo et ses proches, qui refusent de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara à l’élection présidentielle du 28 novembre.

Il s’agit d’interdire de visas vers l’Union européenne les personnes faisant obstruction au processus de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire et à geler leurs avoirs.

Le Conseil européen a confirmé dans ses conclusions la détermination de l’UE à prendre de telles mesures « contre ceux qui continueraient à faire obstruction à la volonté souveraine exprimée par le peuple ivoirien ».

Le Conseil rappelle aussi que la Cour pénale internationale peut poursuivre les personnes responsables d’actes de violence, comme ceux qui ont fait jeudi au moins une vingtaine de morts à Abidjan, selon un porte-parole du président sortant.

Nicolas Sarkozy a lui-même rappelé que cette possibilité et souligné que c’était à Laurent Gbagbo de choisir l’image qu’il voulait laisser dans l’histoire.

19 noms

« Est-ce qu’il veut laisser l’image d’un homme de paix ? Il est encore temps mais le temps presse et il doit partir », a dit le président français. « Ou est-ce qu’il veut laisser l’image de quelqu’un qui a fait tirer sur des civils parfaitement innocents ? Et, dans ce cas-là, il y a des juridictions internationales comme la Cour pénale. »

Le Président français a précisé que ce n’était pas seulement la position de la France mais aussi celle l’Europe « unanime », des États-Unis et du Conseil de sécurité des Nations unies.

« Il n’y a pas d’autre possibilité pour M. Gbagbo que de quitter à bref délai un pouvoir qu’il usurpe », a-t-il insisté.

Selon une source diplomatique à Bruxelles, une liste de 19 dirigeants ivoiriens et de proches existe déjà. Elle comporte le nom de Laurent Gbagbo mais entre crochets.

L’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Pologne poussent pour que cette liste soit confirmée en l’état lundi 20 décembre, lors d’une réunion technique à Bruxelles.

« Le contenu en sera déterminé en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain et des responsabilités de chacun », a expliqué jeudi la porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, Christine Fages.

Environ 15.000 ressortissants français vivent en Côte d’Ivoire, une ancienne colonie qui a longtemps été l’une des plus fidèles alliées de la France en Afrique

La France entretient également dans le pays un dispositif militaire, baptisé Licorne, qui compte environ 950 hommes, essentiellement à Abidjan. Déployé depuis une tentative de coup d’État en 2002, il intervient en soutien de la mission des Nations unies dans le pays (Onuci) mais peut servir aussi à assurer la sécurité des Français.