Sans les immigrés, certaines parties de l’économie portugaise « s’effondreraient »

Sans les immigrés, certains secteurs de la société s’effondreraient, selon Catarina Reis Oliveira, directrice de l’Observatoire des migrations du Portugal, dans une étude présentée lundi (19 décembre).

Lusa Portugal
La plupart des travailleurs étrangers sont associés aux activités économiques du secteur de l’hébergement, de la restauration et des activités similaires, ainsi qu’aux activités économiques des services administratifs et de soutien. [Shutterstock/9nong]

Sans les immigrés, certains secteurs de la société s’effondreraient, selon Catarina Reis Oliveira, directrice de l’Observatoire des migrations du Portugal, dans une étude présentée lundi (19 décembre).

« Les immigrés ont un rôle essentiel à jouer dans les marchés du travail, et il est clair que sans eux, certains secteurs et activités économiques s’effondreraient », a-t-elle écrit dans le rapport statistique annuel de 2022 de l’Observatoire des migrations. Ce rapport contient également des indicateurs sur l’intégration de ce groupe particulier de personnes.

Dans la plupart des pays européens d’accueil, comme le Portugal, les étrangers sont plus actifs que les locaux, selon le rapport.

« Néanmoins, les étrangers continuent d’être, par rapport aux citoyens, plus représentés dans les métiers de première nécessité, malgré des progrès observés […] L’importance relative des étrangers dans ces groupes a diminué par rapport aux observations effectuées au cours de la décennie précédente », précise le rapport.

Ainsi, la plupart des travailleurs étrangers sont associés aux activités économiques du secteur de l’hébergement, de la restauration et des activités similaires, ainsi qu’aux activités économiques des services administratifs et de soutien.

En 2020, des « déséquilibres dans les salaires de base moyens » subsistaient. Au total, les travailleurs étrangers ont eu des salaires moyens inférieurs à ceux des travailleurs portugais (-6,7 % en 2020 et -8,2 % en 2019).

Par ailleurs, le rapport souligne que malgré la prédominance du contrat à durée indéterminée sur le marché du travail portugais, celui-ci « ne constitue pas le principal type de contrat de travail pour la plupart des travailleurs de nationalité étrangère ».

En 2020, plus des deux tiers des salariés portugais avaient un contrat à durée indéterminée (69,8 %), alors que les étrangers n’étaient qu’un tiers à bénéficier de ce type de contrat (35,1 %).

La situation au Portugal est similaire à celle dans d’autres pays européens : les résidents étrangers risquent davantage de vivre dans la pauvreté et la privation matérielle.

En outre, durant les années de référence mentionnées dans le rapport, on constatait « une aggravation du risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, tant pour les résidents étrangers au Portugal que pour les citoyens ».

Au Portugal, en 2020, le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale des étrangers était de 18,9 %, et il devait atteindre 35 % en 2021 (+16 points de pourcentage par rapport à l’année précédente et +13 par rapport à celui observé chez les ressortissants portugais).

En 2021, les étrangers représentaient 10,1 % du nombre total de cotisants au système de sécurité sociale portugais. Ce chiffre constitue « une importance relative sans précédent » et est « plus révélateur que prévu », puisque les étrangers « ne représentent que 6,8 % de la population résidente ».

« La population étrangère habitant au Portugal continue de jouer un rôle important dans le système de sécurité sociale, car elle contribue à un allègement relatif du système et à sa viabilité », soutient Mme Reis Oliveira.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]