Sanctions contre Moscou : Petr Pavel sur l’échange avec Donald Trump au sommet de l'OTAN

Le président tchèque Petr Pavel a révélé dimanche 29 juin que les Européens avaient profité d’un dîner de l’OTAN la semaine dernière pour exhorter Donald Trump à renforcer les sanctions contre la Russie, mais le président américain serait resté hésitant.

EURACTIV République tchèque
NATO Leaders Attend 2025 Summit In The Hague
Le président tchèque Petr Pavel. [Getty Images/Ben Stansall]

Dans une interview accordée à CNN Prima NEWS dimanche 29 juin, le président tchèque Petr Pavel a révélé que les dirigeants européens avaient profité d’un dîner de l’OTAN à La Haye la semaine dernière pour exhorter Donald Trump à renforcer les sanctions contre la Russie, mais le président américain serait resté hésitant.

« Nous lui avons parlé [lors du dîner] de manière très cohérente et collective, [en essayant de le] persuad[er] que le moment était venu d’augmenter considérablement la pression économique sur la Russie », a déclaré Petr Pavel.

« Pas dans le but de provoquer l’effondrement économique de la Russie — cela n’est pas dans notre intérêt — mais pour faire comprendre [à Vladimir Poutine] qu’il n’y a tout simplement pas d’autre alternative que la négociation », a-t-il ajouté.

Donald Trump serait encore « réservé » sur cette stratégie, mais aurait toutefois reconnu « qu’il s’agit d’un outil très efficace ».

Lors de l’échange, l’ancien président américain a évoqué son bras de fer commercial avec la Chine, arguant que ses droits de douane avaient rapidement poussé Pékin à changer de position. « Je lui ai répondu que c’est précisément ce type d’approche décisive dont nous avons besoin aujourd’hui envers la Russie. Si la Chine l’a ressenti en un mois, alors la Russie, avec son économie, pourrait le ressentir en une semaine ou deux », a expliqué Petr Pavel dimanche.

Donald Trump s’est également interrogé sur les raisons pour lesquelles l’Europe ne pouvait pas augmenter massivement et rapidement ses dépenses de défense.

« Il était surpris que l’Europe ne puisse pas investir 5 % de son PIB dans la défense dès l’année prochaine », a indiqué Petr Pavel. Ce à quoi les alliés ont répondu d’une seule voix, continue-t-il, en lui expliquant que l’industrie européenne n’était même pas capable de produire de telles quantités de matériel militaire pour l’instant.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]