Russie : une puissance militaire qui « se fissure », selon l’UE
La tentative de mutinerie qui a eu lieu en Russie a montré que la guerre de Moscou en Ukraine provoque une instabilité interne et a commencé à saper la puissance militaire russe, selon les ministres des Affaires étrangères de l’UE.
La tentative de mutinerie qui a eu lieu en Russie ce week-end a montré que la guerre de Moscou en Ukraine provoque une instabilité interne et a commencé à saper la puissance militaire russe, selon les ministres des Affaires étrangères de l’UE.
« Le système politique [russe] montre des fragilités, et la puissance militaire se fissure », a déclaré ce lundi (26 juin) le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, aux journalistes à Luxembourg, alors qu’il arrivait pour la réunion avec les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept.
La question de la situation en Russie a été inscrite à l’ordre du jour de la réunion de lundi après que les forces mercenaires du groupe Wagner, sous le commandement de Evguéni Prigojine, ont pris le contrôle de quartiers généraux militaires à Rostov, dans le sud du pays, et ont commencé à se diriger vers Moscou samedi matin. Ensuite, dans la soirée, les troupes se sont retirées du territoire russe et ont regagné l’est de l’Ukraine après avoir conclu un accord avec le Kremlin.
M. Borrell a déclaré que le président russe Vladimir Poutine payait le prix de la création d’un « monstre » avec le groupe Wagner.
« Le monstre que [Vladimir] Poutine a créé avec Wagner […] le mord maintenant. Le monstre se retourne contre son créateur », a-t-il déclaré aux journalistes.
« Il n’est pas bon de voir qu’une puissance nucléaire comme la Russie puisse entrer dans une phase d’instabilité politique », a déclaré M. Borrell, ajoutant que l’UE continuerait toutefois à se concentrer sur le soutien à l’Ukraine.
Avant la discussion, la plupart des ministres ont fait écho aux commentaires formulés par leurs gouvernements au cours du week-end, décrivant la mutinerie comme une « affaire interne à la Russie », sans implication extérieure.
La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a déclaré que Vladimir Poutine détruisait son propre pays avec sa « guerre d’agression brutale » en Ukraine.
« Nous constatons des fissures importantes dans la propagande russe », a-t-elle déclaré, ajoutant que l’UE se concentrerait sur l’aide à apporter à l’Ukraine dans son combat.
La ministre finlandaise, Elina Valtonen, a suggéré que les évènements du week-end montraient que l’emprise du président russe sur le pouvoir n’était pas aussi forte qu’en apparence.
« Il est courant pour les États autoritaires que tout semble très stable jusqu’à ce qu’un jour, plus rien ne le soit. Et je m’attends à une telle évolution pour la Russie également », a-t-elle déclaré aux journalistes.
En plus de plaider en faveur d’un soutien accru à l’Ukraine, les ministres ont clairement indiqué que la nouvelle instabilité de la Russie avait des répercussions bien au-delà de ses propres frontières.
« Il serait dangereux pour l’Europe que le plus grand pays du monde, doté du plus grand arsenal d’armes nucléaires, soit ébranlé », a déclaré le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn.
La rébellion du groupe Wagner contre le Kremlin montre à la fois la dangereuse imprévisibilité de la Russie et réfute l’idée que Moscou a besoin de temps pour préparer une agression contre les membres de l’OTAN, a déclaré à la presse le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis.
« Depuis plusieurs décennies, on nous dit qu’il est possible de parler avec la Russie et, plus tard, qu’il est possible de prédire ses actions. Mais nous avons toujours dit que la Russie était imprévisible et que c’était là le plus gros problème », a déclaré M. Landsbergis.
« Nous voyons à quelle vitesse les choses peuvent se produire — il a fallu une demi-journée à une unité militaire pour se trouver à 200 kilomètres de Moscou — pensez maintenant à la facilité avec laquelle elle pourrait traverser la Biélorussie », a-t-il ajouté.
Le ministre autrichien, Alexander Schallenberg, a quant à lui déclaré que Vladimir Poutine devrait suivre l’exemple de M. Prigojine et « faire demi-tour ».
Rébellion du groupe Wagner : l’UE et l’OTAN suivent la situation de près
Les Occidentaux suivaient la situation de près samedi (24 juin) alors que la plus grande…
7 minutes
[Édité par Anne-Sophie Gayet]