Russie : pour son cinquième mandat, Vladimir Poutine promet la victoire face à l’Ukraine
Vladimir Poutine a prêté serment pour un cinquième mandat présidentiel qui s’étendra jusqu’en 2030, promettant que la Russie « gagnera » le conflit ukrainien qu’il a déclenché et assurant les plus hauts postes à ses fonctionnaires les plus fidèles.
Vladimir Poutine a prêté serment mardi (7 mai) pour un cinquième mandat présidentiel qui s’étendra jusqu’en 2030, promettant que la Russie « gagnera » le conflit ukrainien qu’il a déclenché et assurant les plus hauts postes à ses fonctionnaires les plus fidèles.
Vladimir Poutine, au pouvoir en tant que président ou Premier ministre de la Fédération de Russie depuis 1999, a entamé son nouveau mandat plus de deux ans après l’envoi de troupes en Ukraine, où les forces russes ont repris l’offensive après une série de revers, avec l’ambition de progresser davantage dans l’est.
« Camarade président »
Lors de la cérémonie d’investiture, boycottée par les États-Unis et la majorité des États membres de l’UE, le président a été accueilli en tant que « camarade président » par le commandant du Kremlin, dans la salle Andreïevski du grand palais du Kremlin devant 2 500 membres de l’élite russe.
« Camarade » est le terme qui, sous le communisme, désignait un membre du parti. En effet, ses partisans considèrent qu’au cours de ses nombreuses années au pouvoir, M. Poutine a restauré une partie de la grandeur présumée de l’URSS.
Dans son discours suivant le serment, il a remercié ses soldats et ses officiers pour leur confiance et leur soutien dans l’« opération militaire spéciale », comme il définit l’invasion de l’Ukraine.
« Vous, citoyens de Russie, avez confirmé la justesse du cap de notre pays. C’est très important en ce moment, alors que nous sommes confrontés à de grands défis. J’y vois une profonde compréhension de nos objectifs historiques communs, une détermination à défendre fermement notre choix, nos valeurs, la liberté et les intérêts nationaux de la Russie », a-t-il prononcé.
Il a également exprimé sa conviction que la Russie sortirait renforcée de cette « période difficile » et marquante.
Le président a évoqué les relations renforcées avec les « pays du Sud » et a promis une coopération continue pour renforcer les bonnes relations avec ceux qui voient la Russie comme un partenaire fiable et honnête. Il a réaffirmé l’engagement de la Russie envers « l’intégration eurasienne » et la formation « d’un ordre mondial multipolaire et un système de sécurité égal et indivisible ».
Quant à l’Occident, il a déclaré : « Nous ne refusons pas le dialogue avec les États occidentaux. Le choix leur appartient : ont-ils l’intention de continuer à essayer de freiner le développement de la Russie, de poursuivre la politique d’agression, la pression continue [qui pèse] sur notre pays depuis des années, ou de chercher une voie vers la coopération et la paix ? »
Il a toutefois accusé l’Occident de mener une guerre d’agression contre son pays en soutenant l’Ukraine militairement, mais a reconnu la possibilité d’un dialogue. « Je le répète : une conversation, y compris sur les questions de sécurité et de stabilité stratégique, est possible. Mais pas à partir d’une position de force, sans arrogance, vanité et exclusivité personnelle, mais seulement sur un pied d’égalité, dans le respect des intérêts de chacun », a-t-il insisté.
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Des troubles internes ?
Durant son discours, le président a évoqué la nécessité d’éviter les troubles internes qui ont marqué la Russie. « Il est important que nous n’oubliions pas le prix tragique des troubles et des bouleversements internes. C’est pourquoi notre État et notre système sociopolitique doivent être forts et absolument résistants à tous les enjeux et à toutes les menaces, [ils doivent] assurer la progression et la stabilité du développement, l’unité et l’indépendance du pays », a-t-il déclaré.
Il a également réitéré sa promesse faite précédemment dans le contexte de la guerre en Ukraine, à savoir que les personnes loyales seront récompensées.
« Je ferai tout pour que les personnes qui ont fait preuve des meilleures qualités humaines et professionnelles prouvent par leurs actes leur loyauté envers la patrie et occupent des postes de premier plan dans l’administration publique, dans l’économie — dans tous les domaines », a-t-il assuré.
Après à son investiture, conformément à la constitution, Vladimir Poutine nommera un nouveau gouvernement, puisque celui du Premier ministre Mikhaïl Michoustine a démissionné au début de ce nouveau mandat.
En conclusion, M. Poutine a affirmé que la Russie deviendrait « plus dynamique et encore plus puissante ».
« Nous sommes un grand peuple uni et c’est ensemble que nous surmonterons tous les obstacles et que nous réaliserons tous nos projets. Ensemble, nous gagnerons ! », s’est-il exclamé.
En réponse, l’Ukraine a déclaré que l’inauguration visait à créer « l’illusion de la légalité pour une personne qui a transformé la Fédération de Russie en un État agresseur et le régime en place en une dictature et qui restera au pouvoir presque à vie ».
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[Édité par Anna Martino]