Russiagate : la police allemande fouille les locaux d’un député d’extrême droite
Les autorités allemandes ont perquisitionné les locaux de l’une des têtes de liste du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) pour les élections européennes afin d’enquêter sur des allégations de pots-de-vin qui auraient été versés par des fonctionnaires russes.
Les autorités allemandes ont perquisitionné les locaux de Petr Bystron, l’une des têtes de liste du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) pour les élections européennes de juin dans le cadre de l’enquête sur des allégations de pots-de-vin qui auraient été versés par des fonctionnaires russes.
M. Bystron est deuxième sur la liste électorale de l’AfD (groupe Identité et Démocratie, ID) et a été accusé d’avoir reçu de l’argent de la Russie dans le cadre d’un scandale de corruption lié à la plateforme d’information Voice of Europe, qui a récemment fait l’objet de sanctions.
Le député au Bundestag a rejeté les accusations et n’a pas encore commenté les perquisitions de police.
Le parlement allemand avait levé l’immunité parlementaire de M. Bystron avant les perquisitions, auxquelles ont participé onze procureurs et environ 70 agents de police. La fouille a porté sur les bureaux du député AfD, ainsi que sur des locaux situés dans trois comtés bavarois et sur une propriété sur l’île de Majorque, aux Baléares.
Les dirigeants de l’AfD Alice Weidel et Tino Chrupalla ont qualifié la levée de l’immunité et les perquisitions de « questions graves ». Jusqu’à présent, « aucune preuve n’a été présentée pour étayer les accusations portées contre M. Bystron depuis des semaines », ont-ils affirmé dans une déclaration sur X.
Le bureau du procureur général de Munich a expliqué dans un communiqué qu’il « mène une enquête contre un membre du Bundestag sur la base de soupçons initiaux de corruption de fonctionnaires élus et de blanchiment d’argent », sans toutefois nommer M. Bystron.
Selon un porte-parole, « des documents et des supports de données ont été saisis, et seront ensuite analysés à la recherche de preuves à charge ou à décharge ».
Pour le parti d’extrême droite allemand, ce développement vient s’ajouter à une série de scandales récents, impliquant désormais ses deux têtes de liste aux élections européennes de juin.
En effet, le numéro un, Maximilian Krah, fait toujours l’objet de deux enquêtes préliminaires pour des accusations de corruption présumée.
En outre, l’assistant parlementaire de M. Krah a été arrêté pour suspicion d’espionnage pour le compte des services de renseignement chinois.
D’autres scandales impliquant l’AfD ont fortement nui à la popularité du parti. Selon un sondage INSA pour le Bild am Sonntag, l’AfD a perdu six points de pourcentage, passant de 23 % à 17 % depuis le début de l’année 2024, son niveau le plus bas depuis un an.
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Liens avec la Russie
Début avril, le journal Denik N a révélé que les services de renseignement tchèques soupçonnaient M. Bystron d’avoir reçu 20 000 euros de l’oligarque ukrainien prorusse Viktor Medvedtchouk, principal financier du réseau de propagande russe Voice of Europe, récemment sanctionné.
Les services de renseignement tchèques disposeraient d’un enregistrement audio de M. Bystron dans la voiture de M. Medvedtchouk, où le transfert d’argent présumé aurait eu lieu. À l’époque, les médias avaient cité un député tchèque qui aurait déclaré que sur l’enregistrement, on entend M. Bystron faire bruisser une liasse de billets et compter l’argent.
M. Bystron, expert en politique étrangère de l’extrême droite allemande, est connu pour ses positions particulièrement favorables à la Russie.
Après avoir convoqué le député pour qu’il s’explique lorsque les allégations ont été révélées, la direction du parti a exigé que les services de renseignement tchèques rendent publiques les preuves de la collusion, affirmant qu’en attendant, le parti « doit présumer de l’innocence » de son député.
Cependant, plusieurs membres du parti ont confié à Euractiv qu’ils considéraient leur collègue comme capable d’entretenir de telles relations.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]