Roumanie : le gouvernement pro-UE survit à une motion de censure, mais la coalition reste divisée sur l'austérité
Le gouvernement roumain a survécu à une motion de censure. Rejetée par le parlement, la tentative a mis en lumière les profondes divisions au sein de la coalition pro-UE au pouvoir, fragilisée par un plan d’austérité controversé.
La motion, qui a été rejetée, avait été déposée au parlement par les partis d’extrême droite Alliance pour l’Unité de la Roumanie (AUR), Parti de la jeunesse (POT) et S.O.S. Roumanie en réponse à la levée de boucliers de l’opinion publique contre les mesures d’assainissement budgétaire dévoilées la semaine dernière par le gouvernement.
Parmi celles-ci figure une hausse du taux normal de TVA, qui passerait de 19 % à 21 %. Les taux réduits actuels de 5 % et 9 % seraient remplacés par un taux unique de 11 %, qui s’appliquerait à des produits de première nécessité, tels que les aliments de base ou les médicaments.
Mais même au sein de la coalition, ces mesures font débat.
Le chef par intérim du PSD, Sorin Grindeanu, a vivement critiqué l’approche du gouvernement, avertissant qu’elle risquait de reproduire l’effondrement provoqué par l’austérité en 2010-2011.
« Nous n’avons pas signé pour transformer une crise budgétaire en une crise économique profonde », a-t-il déclaré, cherchant à distancier son parti des mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement.
Sorin Grindeanu a accusé le gouvernement de faire peser le fardeau sur les citoyens à faibles revenus et a réitéré l’appel du PSD en faveur d’un système fiscal progressif comme alternative plus équitable aux hausses d’impôts généralisées. Il a fait valoir qu’un modèle progressif bien conçu aurait évité de devoir augmenter la TVA.
La coalition pro-européenne au pouvoir en Roumanie comprend le Parti social-démocrate (PSD, centre-gauche), le Parti national-libéral (PNL, centre-droit), l’Union sauvez la Roumanie (USR, centre-droit) et l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) — parti de la minorité hongroise.
Le président centriste Nicușor Dan a également critiqué la hausse de la TVA, soulignant lors d’une conférence de presse qu’il avait promis de la maintenir à 19 % lors des négociations de coalition. « Je continue de penser que c’était la bonne voie », a-t-il affirmé, soulignant que d’autres solutions budgétaires auraient été possibles.
Le Premier ministre Ilie Bolojan a défendu la position budgétaire du gouvernement, soulignant les « premiers signes positifs » provenant des marchés internationaux.
Il a également annoncé un deuxième train de mesures d’austérité qui sera dévoilé d’ici la fin du mois de juillet.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]