Roumanie : George Simion dénonce une ingérence française dans la présidentielle et demande son annulation

Après sa défaite au second tour de la présidentielle le week-end dernier, George Simion, leader du parti d’extrême droite Alliance pour l’Unité des Roumains (AUR), conteste les résultats de l’élection, accusant la France et la République de Moldavie d’ingérence et pointant du doigt des fraudes.

EURACTIV Roumanie
George Simion, Far-Right Romanian Presidential Candidate, Takes Questions From Business Community
George Simion avait dans un premier temps rejeté les résultats et affirmé qu’il avait remporté le scrutin. Il avait fini par reconnaître sa défaite lundi 19 mai, tout en promettant de « poursuivre le combat ». [Getty Images/Andrei Pungovschi]

Après sa défaite au second tour de la présidentielle le week-end dernier, George Simion, leader du parti d’extrême droite Alliance pour l’Unité des Roumains (AUR), conteste les résultats de l’élection, accusant la France et la République de Moldavie d’ingérence et pointant du doigt des fraudes.

À l’issue du second tour de la présidentielle organisé dimanche 18 mai, le maire centriste de Bucarest, Nicușor Dan avait été donné vainqueur, avec environ 54 % des suffrages, tandis que George Simion en avait obtenu un peu plus de 46 %.

George Simion avait dans un premier temps rejeté les résultats et affirmé qu’il avait remporté le scrutin. Il avait fini par reconnaître sa défaite, tout en promettant de « poursuivre le combat ».

Mardi 20 mai dans la soirée, le leader d’extrême droite a annoncé qu’il allait contester les résultats de l’élection devant la Cour constitutionnelle et demander l’annulation du second tour. Il a affirmé qu’il utiliserait tous les « moyens légaux, nationaux et internationaux » pour y parvenir.

Selon lui, 100 millions d’euros auraient été utilisés pour acheter les votes des Roumains de Moldavie. Il a également déclaré qu’il était impossible que 11,5 millions de Roumains aient voté, arguant qu’un grand nombre de suffrages provenaient de personnes décédées dont les noms figuraient encore sur les listes électorales.

George Simion a ensuite accusé la République de Moldavie et la France « d’ingérence » et a demandé l’audition du fondateur de Telegram, Pavel Durov, qui avait assuré dimanche qu’on lui avait demandé de censurer les voix conservatrices en Roumanie à l’approche des élections.

Pavel Durov avait indiqué qu’un pays d’Europe occidentale lui avait demandé de « faire taire les voix conservatrices » en Roumanie sur Telegram. Bien que Pavel Durov n’ait pas explicitement nommé la France, il avait inclus un emoji représentant une baguette dans son message sur X.

Lundi, Pavel Durov a indiqué sur la même plateforme que les serices de renseignements français l’avaient approché à ce sujet.

La direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a démenti ces affirmations, indiquant que son directeur n’avait pas demandé à la plateforme d’interdire les comptes de conservateurs roumains avant le vote de dimanche.

Mardi soir, Pavel Durov a déclaré sur X qu’il était prêt à se rendre en Roumanie pour témoigner officiellement « si cela aide la démocratie roumaine ».

Tout au long de la campagne, la rhétorique de George Simion s’est rapprochée de celle du président américain Donald Trump, avec des attaques répétées contre les dirigeants de l’UE et le président français Emmanuel Macron.

Une nouvelle ingérence russe ?

Le ministère roumain des Affaires étrangères a quant à lui pointé du doigt l’ingérence de la Russie dans cette élection.

« Nous voyons les marques de l’ingérence russe », a déclaré le porte-parole du ministère, Andrei Țărnea, dans un post sur X. « Une campagne virale de fake news sur Telegram et d’autres plateformes de réseaux sociaux a cherché à influencer le processus électoral. »

Pour rappel, le scrutin était organisé à la suite de l’annulation de l’élection présidentielle de 2024 en raison d’une ingérence russe présumée qui avait favorisé la percée électorale du candidat d’extrême droite Călin Georgescu. Ce dernier a finalement été disqualifié et a ensuite soutenu George Simion.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]