Roms : Violentes critiques de Lellouche contre l’Union européenne
Le secrétaire d’État aux Affaires européennes a dénoncé "l’hypocrisie" de la Commission sur les Roms et estimé que le "gardien des traités" de l’UE était le peuple français.
Le secrétaire d’État aux Affaires européennes a dénoncé « l’hypocrisie » de la Commission sur les Roms et estimé que le « gardien des traités » de l’UE était le peuple français.
En visite à Bruxelles, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, s’en est violemment pris à la Commission et au Parlement européen, lundi 13 septembre.
Interrogé sur la polémique au sujet des Roms, M. Lellouche a dénoncé l’«hypocrisie» de la Commission : «Il ne se passait rien. Il aura fallu la crise du mois de juillet pour qu’enfin l’Europe se saisisse du problème. A la Commission, on ne peut pas dire que l’on croulait sous les initiatives».
Une argumentation réfutée par le porte-parole de la commissaire Viviane Reding, interrogé par EURACTIV.fr. «La Commission a fait beaucoup pour les Roms, et nous continuons à jouer notre rôle, qui est de rappeler aux États membres que leur compétence dans cette matière est de fournir des actions concrètes pour intégrer les Roms». Parmi les fonds européens, 17,5 milliards d’euros sont actuellement dédiés à cette question. «Nous avons organisé un sommet sur les Roms début avril», ajoute-t-on à la Commission. A l’époque, moins de cinq ministres avaient répondu à l’appel.
Le secrétaire d’État français s’en est également pris au rôle de l’institution de José Manuel Barroso. Selon l’article 17 du traité sur l’Union européenne, la Commission «veille à l’application des traités». «Le gardien des traités, c’est le peuple français», a pourtant lancé Pierre Lellouche.
Verhofstadt « devrait s’occuper de la Belgique »
« Ces déclarations illustrent la forme de populisme nationaliste qui est cultivée actuellement par le pouvoir», analyse un politologue français, sous couvert d’anonymat. «Nicolas Sarkozy avait utilisé l’Europe comme un atout, lors de la présidence française de l’Union européenne. Maintenant, il opère le mouvement inverse», poursuit la même source.
Enfin, le Parlement européen en a également pris pour son grade, à commencer par le président du groupe libéral, Guy Verhofstadt. Conseillant à l’ex-Premier ministre belge de «se calmer», il a ironisé : «Il n’a pas raison sur les Roms et il devrait s’occuper de la Belgique.»
Dans un communiqué, le parti de M. Verhofstadt, l’ADLE, dénonce «la morgue avec laquelle les autorités françaises ont cru bon de répondre à la résolution parlementaire » sur les Roms, adoptée à Strasbourg, jeudi 9 septembre. Néanmoins, l’ancien premier ministre belge ne souhaite pas réagir directement aux propos de M. Lellouche, a fait savoir son entourage à EURACTIV.fr.