Roms : Paris veut calmer le jeu
Aux côtés du secrétaire général du Conseil de l’Europe, le secrétaire d’État français aux Affaires européennes appelle à « travailler concrètement » et à cesser de « faire des polémiques ».
Aux côtés du secrétaire général du Conseil de l’Europe, le secrétaire d’État français aux Affaires européennes appelle à « travailler concrètement » et à cesser de « faire des polémiques ».
Il faut éteindre l’incendie. A l’occasion de la visite à Paris du nouveau secrétaire général du Conseil de l’Europe, le Norvégien Thorbjorn Jagland, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, a tenté de siffler la fin de la partie. Au lendemain des discussions agitées du Conseil européen, Paris semble vouloir dépasser les polémiques sur les Roms.
«Toutes les bonnes volontés sont nécessaires pour sortir de cette crise par l’action», a martelé Pierre Lellouche. «Envoyer des noms d’oiseaux ne change rien à la vie des enfants roms», a-t-il lancé, sur le ton de l’apaisement.
Thorbjorn Jagland, ancien premier ministre de Norvège, a présenté à Pierre Lellouche une stratégie consistant notamment à ouvrir des écoles destinées aux Roms. «Nous devons maintenant cesser les échanges verbaux et commencer à travailler concrètement», a insisté le Norvégien.
Festival de réunions
L’institution européenne semble donc également vouloir passer à autre chose. Le 9 septembre, le commissaire aux Droits de l’homme, qui dépend du Conseil de l’Europe, avait comparé «la rhétorique politique contre les Roms» à celle des régimes fasciste et nazi. Ces propos avaient provoqué l’indignation de la France, qui avait exigé des excuses.
Aux côtés de Pierre Lellouche, le secrétaire général du Conseil de l’Europe a annoncé que son institution dresserait prochainement une liste des engagements que les États ont promis de remplir dans le domaine de l’intégration des Roms.
Le Conseil compte donc, non seulement surveiller, mais aussi contrôler les réalisations en la matière de ses 47 pays membres. «Nous attendons des actions collectives, en partenariat avec l’Union européenne et les États membres», a confirmé le secrétaire général du Conseil de l’Europe. En ce sens, Thorbjorn Jagland a l’intention de convoquer une «réunion à haut niveau», à Strasbourg.
De son côté, Pierre Lellouche affirme lui aussi vouloir inviter ses homologues européens à Paris, afin de soutenir cette initiative du Conseil de l’Europe. «Si nous y arrivons, cette crise aura au moins permis ceci de bien : percer cette bulle d’hypocrisie sur les Roms, qui était présente dans toute l’Europe», a souligné le secrétaire d’État.
« Arrêter de faire des polémiques ! »
«Le mot « rom » n’a pas été prononcé pendant les 10 ou 15 ans qu’ont duré les négociations d’adhésion des pays concernés», a déploré Pierre Lellouche, invitant à poser un regard européen sur cette «minorité considérable dont personne ne s’est occupé pendant des années».
En marge de la conférence de presse, le secrétaire d’État en a profité pour fustiger la presse. «Arrêtez de faire des polémiques de petites phrases sur un sujet aussi grave. C’est pas sérieux», a-t-il lancé à un journaliste. Il s’est également défendu d’avoir «brocardé» la Commission européenne. «La France respecte les institutions européennes : la Commission européenne, le Parlement européen. Je travaille très étroitement avec eux», a-t-il martelé. Le 14 septembre à Bruxelles, Pierre Lellouche avait adressé de vigoureuses critiques à l’égard des institutions.