Romano Prodi : "L’UE ne doit pas se construire au rythme des plus lents"
Deux jours après l’ouverture de la CIG, le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, a confié à EURACTIV Slovaquie sa vision de l’avenir de l’UE. Il a notamment insisté sur l’importance d’accepter la création d’une Europe à deux vitesses et de faire comprendre aux citoyens que l’UE n’est pas un projet élitiste.
Deux jours après l’ouverture de la CIG, le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, a confié à EURACTIV Slovaquie sa vision de l’avenir de l’UE. Il a notamment insisté sur l’importance d’accepter la création d’une Europe à deux vitesses et de faire comprendre aux citoyens que l’UE n’est pas un projet élitiste.
En Bref :
Le mandat négocié de la Conférence intergouvernementale (CIG) est « un bon compromis » a rappelé le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, dans une interview accordée à EURACTIV.sk. Certes, des concessions ont du être faites, rendant le texte « moins ambitieux » que le premier. Néanmoins, le nouveau traité européen va établir les bases d’une Europe « plus forte, avec de solides institutions ». Ceci passant « surtout par l’extension du vote à la majorité qualifiée » estime Romano Prodi. Le droit de veto est « la bête noire d’une Europe plus forte » ajoute-t-il.
Une Europe plus forte passe sans doute par la poursuite du processus d’intégration, notamment dans des secteurs tels que l’énergie, devenu aujourd’hui un enjeu de première importance, tant au niveau européen qu’au niveau mondial. Selon le chef de gouvernement italien, « de nombreux secteurs ne sont cependant pas prêts à être gérés de façon commune, ce qu’il faut respecter ».
L’enjeu de l’accord du Sommet européen du mois de juin résidait en partie dans le fait qu’à 27, le compromis est plus difficile à trouver. Dans ce contexte, Romano Prodi avait été le premier à promouvoir l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses.
« Ce n’est pas une solution en soi, mais cela permet de créer un effet d’impulsion, pour que l’Europe aille de l’avant. L’UE ne devrait pas être contrainte de se construire au rythme des plus lents. Il existe déjà aujourd’hui une Europe à deux vitesses, avec la zone euro par exemple. Cela n’empêche pas les pays du deuxième groupe d’accéder un jour au premier et permet d’avoir plus de choix », estime Romano Prodi.
La « dimension sociale » de la construction européenne occupera progressivement plus de place dans les choix politiques du futur, selon le chef du gouvernement italien. « C’est logique » ajoute-t-il. « L’ouverture à la concurrence s’inscrivait dans le projet du marché commun et constituait une première étape nécessaire. Toutefois, la libéralisation induit aussi des effets pervers qui peuvent être corrigés par de la politique sociale. Tout leader politique responsable sait bien que l’ouverture à la concurrence doit être encadrée un minimum ».
Dernier aspect déterminant pour l’orientation future de l’Union européenne : la perception qu’en ont ses citoyens. « L’Europe n’est pas un projet élitiste » insiste Romano Prodi « il faut lutter contre cette idée ». Il convient pour cela « de disposer d’une réelle opinion publique européenne. Or, il n’existe toujours pas de media européen, donc aucun moyen commun pour les citoyens d’établir leur rapport à l’UE ».
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