Roberta Metsola met en garde contre une vague migratoire due à la crise alimentaire en Afrique

La crise alimentaire en Afrique pourrait entraîner des « mouvements migratoires de masse » à destination de l’UE, a confié la présidente du Parlement européen au média partenaire d’EURACTIV, Lusa, lors d’un entretien.

Lusa Portugal
Closing event of the Conference on the Future of Europe at the European Parliament in Strasbourg
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola. [PA-EFE/RONALD WITTEK]

La crise alimentaire en Afrique pourrait entraîner des « mouvements migratoires de masse » à destination de l’UE, a confié la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, au média partenaire d’EURACTIV, Lusa, lors d’un entretien avant son voyage de deux jours au Portugal. Elle a également ajouté que l’instabilité politique à travers le bloc augmentait en raison de la « rhétorique populiste ».

« Ma préoccupation à long terme est que les défis logistiques que nous avons pour le transport des céréales, de la nourriture, des approvisionnements, des engrais, entre autres, vers les pays africains resteront un grand défi », a-t-elle confié.

Cela « signifie qu’il n’y aura pas seulement une crise énergétique, mais aussi une crise alimentaire » en Afrique, a-t-elle déclaré, estimant que l’UE doit « se préparer à des mouvements migratoires de masse » vers le territoire de l’Union européenne.

« Nous devons également comprendre et expliquer à nos citoyens et à notre population que nous entrons dans une période de grande adversité, mais cela ne concerne pas que nous, il s’agit d’un phénomène mondial », a souligné Mme Metsola, rappelant les « nombreuses crises » comme celle de l’énergie et de la hausse des prix auxquelles l’UE est confrontée.

L’Union européenne a accueilli des milliers d’Ukrainiens depuis le début de la guerre en février, certains étant déjà rentrés dans leur pays.

Toutefois, « nous ne sommes pas assez rapides pour faire face à ce qui nous attend vraiment, et un hiver très rude frappera tout le monde pour ce qui est des crises croissantes », note Mme Metsola. Elle estime qu’il faut « éviter les discours populistes qui entraînent immédiatement une instabilité politique ».

Au moment où plusieurs États membres de l’UE, comme l’Italie, s’apprêtent à se rendre aux urnes, elle veut « analyser les élections [qui auront lieu] dans les semaines et les mois à venir et ce que cela donnera ».

« Il y aura certainement des partis politiques en marge qui profiteront et utiliseront [des questions comme la migration] pour, disons, tirer profit de la frustration croissante », nous devons donc « nous assurer que nous évitons cette instabilité, qui pourrait être inévitable », a ajouté Mme Metsola.

« Nous avons vu en France, par exemple, des gens qui se sentaient marginalisés, qui n’étaient pas pris en compte, et c’est un travail pour le Parlement, et c’est mon objectif pour les deux années à venir », a-t-elle déclaré.

Mme Metsola a également appelé à la création d’un « centre pro-européen constructif » dans les prochains mois.

« L’intérêt des acteurs mal intentionnés dans le monde, pas seulement la Russie mais d’autres également, est de perturber et, par conséquent, nous devons disposer de la stabilité politique et de la capacité nécessaire pour répondre aux défis », a-t-elle indiqué, notant que cela inclut le fait de « légiférer efficacement et ne pas s’enliser ».