Robert Fico s'apprête à rencontrer Ursula von der Leyen alors que la pression monte autour du gazoduc ukrainien

Le différend entre la Slovaquie et l'Ukraine au sujet du pétrole russe pourrait éclipser le sommet français sur le nucléaire.

EURACTIV.com
Informal European Union (EU) Leaders Retreat
BILZEN, BELGIUM - FEBRUARY 12: Hungarian Prime Minister, leader of the right-wing populist Fidesz Viktor Orban (L) talks with the Slovak Prime Minister Robert Fico (R) prior an EU Informal Summit in the Alden Biesen Castle on February 12, 2026 in Rijkhoven, Limburg, Belgium. Today, at AldenBiesen Castle is a strategic brainstorming session aimed at strengthening the single market, reducing economic dependencies and boosting EU competitiveness in a new geoeconomic context. (Photo by Thierry Monasse/Getty Images) [Thierry Monasse/Getty Images]

La pénurie de combustibles fossiles en temps de guerre, la flambée des prix de l’énergie et les projets provisoires de renaissance nucléaire européenne n’ont jamais été aussi étroitement liés qu’ils le seront mardi à Paris, où le président de la Commission européenne doit rencontrer un Premier ministre slovaque mécontent.

L’UE dévoile une série de stratégies énergétiques à Strasbourg, tandis qu’une soixantaine de pays se réunissent dans la capitale française pour la deuxième édition du Sommet mondial de l’énergie nucléaire.

Cependant, plutôt que de parler de tout ce qui touche au nucléaire, le Premier ministre slovaque Robert Fico doit rencontrer la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et lui présenter son propre plan pour mettre fin à l’impasse avec l’Ukraine concernant les livraisons de pétrole russe – une réunion confirmée par Bruxelles seulement à la veille du sommet.

Alors que l’UE a largement réduit ses liens énergétiques avec la Russie depuis que le Kremlin a envoyé des chars en Ukraine il y a plus de quatre ans, la Slovaquie et sa voisine, la Hongrie, continuent de dépendre fortement des livraisons de pétrole et de gaz et remettent en question la logique de mettre fin aux importations.

Mais l’oléoduc Druzhba, datant de l’ère soviétique, qui traverse l’Ukraine, est hors service depuis fin janvier. Kiev affirme qu ‘il a été bombardé par la Russie et que la poursuite des attaques signifie qu’il ne peut être réparé sans exposer les travailleurs à un danger inacceptable.

La Slovaquie et la Hongrie accusent l’Ukraine de bloquer l’approvisionnement en pétrole pour des raisons politiques. M. Fico a désormais un plan : envoyer des experts slovaques pour effectuer les réparations.

Pendant ce temps, à Strasbourg, la Commission européenne s’apprête à dévoiler mardi trois stratégies politiques : un plan visant à accélérer le développement des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) européens, un autre visant à stimuler les investissements dans les énergies propres, et un troisième examinant comment impliquer les citoyens dans la transition énergétique.

SMR

Alors que la Chine, les États-Unis et la Russie développent activement la technologie SMR, l’UE tente de rattraper son retard et exhorte les capitales européennes à coordonner leurs efforts et à éviter les politiques nationales qui pourraient compromettre l’objectif de mettre en place des réacteurs nationaux d’ici le début des années 2030.

Deux versions préliminaires de la stratégie consultées par Euractiv indiquent clairement que la Commission se concentrera sur un petit nombre de projets clés et incitera les pays de l’UE à accélérer la construction de centrales en reconnaissant mutuellement leurs protocoles d’autorisation en matière d’énergie nucléaire.

Le dernier projet suggère que l’exécutif européen soutiendra les investissements dans les « technologies nucléaires innovantes » en proposant un nouveau financement de 200 millions d’euros. Une partie de cette somme pourrait toutefois être consacrée à des investissements dans la fusion nucléaire, une source d’énergie propre futuriste qui, selon la plupart des experts, ne sera pas disponible avant des années, voire des décennies.

Tripler la puissance nucléaire

Dans le domaine éprouvé de la fission nucléaire, le gouvernement français se rapproche peu à peu, après des années de lobbying, de son objectif de persuader l’UE de soutenir le développement de l’énergie atomique.

Paris ne manquera sans doute pas une nouvelle occasion de souligner que l’énergie nucléaire est indispensable tant pour réduire les émissions de CO2 que pour garantir la sécurité énergétique, et que les financements publics et privés doivent être mobilisés pour relever ce défi.

Tel est l’objectif politique du sommet sur l’énergie nucléaire organisé par la capitale française. « L’objectif de ce sommet est de renforcer l’engagement existant de tripler la capacité nucléaire mondiale d’ici 2050 et d’encourager de nouveaux pays à suivre cette voie », a déclaré un responsable impliqué dans l’organisation de l’événement.