Rien de nouveau pour l'Europe dans la lettre aux Français de Nicolas Sarkozy
La lettre aux Français de Nicolas Sarkozy, dévoilée hier (5 avril), ne comporte pas d'idées nouvelles majeures sur l'Europe. Il s'est principalement borné à répéter les propositions qu'il avait déjà annoncées sur Schengen et la réciprocité dans le commerce. Un reportage d'EURACTIV France.
La lettre aux Français de Nicolas Sarkozy, dévoilée hier (5 avril), ne comporte pas d'idées nouvelles majeures sur l'Europe. Il s'est principalement borné à répéter les propositions qu'il avait déjà annoncées sur Schengen et la réciprocité dans le commerce. Un reportage d'EURACTIV France.
Mis à part pour justifier les coupes budgétaires et le gel de la contribution de la France au budget de l'UE, Nicolas Sarkozy n'a que très peu évoqué l'Europe dans la présentation de son budget et de son programme hier (5 avril).
Le président sortant a souligné l'importance pour la France d'éviter de partir à la dérive comme les économies périphériques de la zone euro.
« Pas un Français ne souhaite que notre pays soit dans la situation connue par les Grecs ou les Espagnols », a-t-il avancé en fustigeant les neuf années de gouvernement socialiste qui auraient conduit l'Espagne à se retrouver avec une augmentation du chômage de 210 %.
Discipline budgétaire
Avant la crise, la santé économique de l'Espagne socialiste était si bonne aux yeux de Paris que la ministre des finances fraîchement nommée, Christine Lagarde, en vantait les mérites. M. Sarkozy invoque quant à lui la crise économique mondiale pour expliquer les difficultés économiques actuelles de la France.
Son programme prévoit une diminution supplémentaire des dépenses de 36 milliards d'euros et une augmentation des recettes de 8 milliards pour parvenir à des comptes publics à l'équilibre en 2016, comme le prévoient les engagements européens de la France.
Le moindre relâchement des promesses du pays provoquerait « une crise de confiance », a-t-il prévenu en visant le candidat socialiste François Hollande, qui propose un équilibre des comptes publics en 2017.
Pour atteindre son objectif, le président candidat table sur une croissance de 0,7 % en 2012, 1,75 % en 2013, et 2 % les quatre années suivantes. Ces prévisions sont plus optimistes que celles de la Commission européenne (0,4 %), du Fonds monétaire international (0,2 %) ou encore de l'Organisation de coopération et de développement économiques (0,3 %).
Gel de la contribution française au budget de l'UE
Pour économiser de l'argent, Nicolas Sarkozy a indiqué que la France demanderait le gel de sa participation au budget de l'UE et épargnerait ainsi 600 millions d'euros par an.
Ces chiffres correspondent à l'absence de prise en compte de l'inflation dans les sommes déboursées tous les ans par Paris pour le budget de l'UE.
Nicolas Sarkozy n'a toutefois pas expliqué comment il pourrait d'un côté obtenir le maintien du budget de la politique agricole commune à « l'euro près », et de l'autre geler sa participation aux finances de l'UE.
Une Europe passoire
Les autres propositions de Nicolas Sarkozy sur l'UE avaient déjà été dévoilées par le candidat lors de son discours de Villepinte
La lettre aux Français fustige « l'Europe passoire » qui serait responsable de l'immigration incontrôlée en France. Elle rappelle la volonté de M. Sarkozy de suspendre la participation de la France à l'espace Schengen si les règles sur la libre circulation des personnes en Europe n'étaient pas révisées d'ici un an.
Aux yeux de Nicolas Sarkozy, l'Europe n'est pas parvenue à protéger ses citoyens, mais aussi ses entreprises, en ne s'ouvrant qu'à une partie du monde. C'est pourquoi il plaide depuis cinq ans pour la « réciprocité » des échanges à l'échelle mondiale avec des pays comme la Chine ou l'Inde, mais également les États-Unis.
Le commissaire européen au marché intérieur, Michel Barnier, a présenté une proposition dans ce sens le mois dernier.
« Si les négociations sur la réciprocité n'ont pas abouti d'ici un an, la France réservera ses marchés publics aux seules entreprises européennes, jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé », peut-on lire dans le programme du candidat de l'UMP.
Cette décision unilatérale pourrait surtout comporter des risques pour les entreprises françaises, dans la mesure où les pays boycottés pourraient prendre des mesures de représailles contre l'Hexagone.
Le candidat a également rappelé lors de sa conférence de presse que la mise en place d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe était une priorité pour la France, un projet toujours en suspens.
Des quotas pour les PME
Le programme prévoit également de « réserver une partie des contrats publiques aux PME européennes, comme le font les États unis ».
Un rapport, rédigé par l'ancien secrétaire d'État Lionel Stoléru en 2007 avait déjà indiqué que la Commission n'accepterait pas de débattre sur des quotas pour les PME avec l'OMC.