Réunion d'urgence dans la zone euro : l'Italie en crise à son tour ?

Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a demandé qu'une réunion d'urgence avec les hauts responsables chargés de gérer la crise de la dette dans la zone euro soit organisée aujourd'hui (11 juillet). Il semblerait en effet que la crise puisse s'étendre à l'Italie, la troisième économie de la zone.

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Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a demandé qu'une réunion d'urgence avec les hauts responsables chargés de gérer la crise de la dette dans la zone euro soit organisée aujourd'hui (11 juillet). Il semblerait en effet que la crise puisse s'étendre à l'Italie, la troisième économie de la zone.

Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn ont été invités à cette réunion, ont affirmé trois sources officielles à Reuters.

Dirk De Backer, porte-parole de Herman Van Rompuy a déclaré "qu'il s'agissait d'une réunion de coordination et pas d'une réunion de crise", ajoutant que l'Italie ne serait pas au menu sans pour autant donner de détail sur les dossiers qui seront à l'étude.

Deux sources ont toutefois déclaré à Reuters que la situation italienne serait évoquée. Les discussions ont été organisées après la vente massive d’actifs italiens vendredi, qui a intensifié les craintes que l’Italie, qui détient le ratio dette/PIB le plus élevé de la zone euro après la Grèce, puisse être la prochaine à souffrir de la crise. Le second renflouement international de la Grèce sera également abordé, ont affirmé les sources.

L'écart entre le rendement de l'emprunt italien à dix ans et le papier allemand à même maturité a touché vendredi un plus haut historique depuis la création de l'euro, passant de 5,28 aux alentours de 5,5 à 5,7 % ; certains banquiers pensent que cela pourrait commencer à peser lourdement sur les finances italiennes.

Le cours des actions de la plus grande banque italienne, UniCredit Spa, a chuté de 7,9 % vendredi, en partie à cause des résultats des tests de résistance faisant état de la santé des banques européennes, qui seront rendus publics le 15 juillet. Le principal indice boursier italien a chuté de 3,5 %.

La pression du marché est en partie due au fort endettement de l’Italie et à la mollesse de son économie, mais également à la crainte que Silvio Berlusconi, le premier ministre, tente de mettre des bâtons dans les roues, voire de pousser vers la sortie, Giulio Tremonti, le ministre des finances, qui a prôné d’importantes réductions budgétaires afin de contrôler le déficit.

"On ne pourra pas se permettre beaucoup d'autres jours comme celui de vendredi", a déclaré un responsable européen, avouant que les instances européennes nourrissaient de grandes inquiétudes sur la question italienne.

La réunion d’urgence de ce lundi précèdera une autre réunion, fixée antérieurement et rassemblant les 17 ministres des finances de la zone euro, afin de discuter de la manière d’assurer la participation d’investisseurs du secteur privé au second renflouement grec, ainsi que des résultats des tests de résistance réalisés sur 91 banques européennes.

Les marchés s’attendent à un défaut de paiement de la Grèce

La Grèce reçoit déjà 110 milliards d’euros de prêts internationaux dans le cadre d’un programme de sauvetage lancé en mai de l’année dernière, mais celui-ci n’est pas parvenu à changer la donne sur les marchés, qui s’attendent toujours  à un défaut de paiement, tôt ou tard.

Les hauts représentants de la zone euro s’inquiètent que les progrès accomplis en faveur d’un second sauvetage de la Grèce, qui s’élèverait également à environ 110 milliards d’euros et viserait à financer le pays jusqu’à la fin 2014, ne soient pas réalisés suffisamment rapidement, et que ce délai nuise à la confiance des investisseurs dans les autres économies fragiles de la zone.

« Nous devons agir dans les prochaines semaines. Il ne faut pas attendre fin août ou début septembre, comme l’affirme l’Allemagne. Il sera trop tard et les marchés vont nous le faire payer », a affirmé samedi un haut responsable de la zone euro à Reuters.

Les représentants allemands disent vouloir eux aussi mettre en place un second plan de sauvetage dès que possible, mais la contribution du secteur privé s’avère être une importante pierre d’achoppement.

L’Allemagne, l’Autriche, la Finlande et les Pays-Bas sont d’avis que les banques, les assureurs et autres détenteurs privés d’obligations grecques devraient endosser une partie des coûts de l’aide à Athènes. Mais après plus de deux semaines de négociations avec les banques, représentées par l’Institut de finances internationales (IIF), un groupe de pression, presque aucun progrès n’a été fait sur l’acceptation d’une formule qui convienne à toutes les parties.

Retour à la case départ

Charles Dallara, administrateur de l’IIF, sera présent à la réunion des ministres des finances à Bruxelles aujourd’hui.

Un important représentant de la zone euro a confié vendredi à Reuters que plutôt que de progresser dans les discussions avec l’IIF, comme le disait Charles Dallara, toutes les parties étaient sur le point de « revenir à la case départ ».

Au départ, les discussions se sont concentrées sur un plan français complexe prévoyant que des créanciers privés refinancent jusqu’à 30 milliards d’euros de la dette grecque, achetant de nouvelles obligations lors de l’arrivée à échéance de celles qui étaient déjà émises. Environ la moitié des recettes issues des obligations grecques arrivant à échéance avant la fin 2014 seraient refinancées au profit d’obligations à très long terme, tandis que 20 % seraient placés dans un « fonds de garantie » d’actions AAA.

Ce plan présentant des difficultés, Berlin a réitéré sa proposition d’échanger des obligations grecques au profit de créances à plus long terme qui augmenteraient l’échéance de sept ans. Des propositions visant à racheter des obligations grecques et à les rembourser ont également été évoquées.

Dans le cas d’un rachat, le fonds de sauvetage de la zone euro, le Fonds européen de stabilité financière, pourrait acheter des obligations grecques sur le marché, ou il pourrait prêter de l’argent à la Grèce pour acheter des obligations. Toutefois, ces programmes nécessiteraient de modifier les règles du FESF, ce qui devrait être approuvé par les parlements nationaux, a affirmé une source officielle.