Réunification de Chypre: nouveaux pourparlers de paix prometteurs [FR]
Demetris Christofias, le nouveau président de Chypre rencontrera aujourd’hui (21 mars) Mehmet Ali Talat, dirigeant de la République turque de Chypre du nord pour tenter de relancer les négociations bloquées pour la réunification de l’île dans un climat de « bonne volonté ».
Demetris Christofias, le nouveau président de Chypre rencontrera aujourd’hui (21 mars) Mehmet Ali Talat, dirigeant de la République turque de Chypre du nord pour tenter de relancer les négociations bloquées pour la réunification de l’île dans un climat de « bonne volonté ».
Le nouveau président de Chypre, Demetris Christofias, a déclaré avant la réunion que « cette fois-ci nous devons réussir » et qu’un nouvel échec «aurait des effets dévastateurs sur l’avenir de notre peuple».
Il a tenu à préciser qu’il veut que la Chypre participe à l’UE au lieu d’être un problème pour l’UE et le monde entier.
Le président de la Commission José Manuel Barroso a garanti à nouveau à M. Christofias du soutien de l’UE pour faire progresser les négociations de réunification de l’île. Suite à sa rencontre avec le président chypriote à Bruxelles la semaines dernière (14 mars), il a affirmé le soutien total de l’UE aux efforts conjoints pour sortir de l’impasse en soulignant qu’il est important que chacun participe réellement à chercher une solution au problème de Chypre.
M. Barroso a déclaré son espoir de voir la Turquie jouer un rôle constructif dans ce processus puisque son adhésion à l’UE dépend de la résolution de la question chypriote.
Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon soutient également la nouvelle initiative et appelle la communauté internationale à saisir l’élan et la fenêtre d’opportunité.
Malgré l’optimisme prudent, M. Christofias pousse la communauté internationale à ne pas trop attendre de la réunion d’aujourd’hui. Il déclare que nous ne pouvons pas résoudre le problème de la Chypre en un mois et qu’il faut leur accorder du temps et être patient et tolérant.
Les diplomates et les analystes n’attendent pas une avancée flagrante. L’avancée majeure pourrait résulter d’une offre des Chypriotes grecs d’ouvrir un point de passage à Ledra street, une route bloquée qui coupe en deux la capitale Nicosie et sépare le quartier grec du quartier turc. Il s’agit d’un des cinq points de passage au cœur de la capitale de Chypre et sa réouverture serait hautement symbolique.
M. Christofias a déclaré qu’il revenait à M. Talat de décider de sa réouverture et de sa date en mentionnant que ce dernier devrait leur dire et que lui-même était prêt à le faire demain.
De plus, M. Christofias a insisté sur le fait qu’il était également prêt à discuter d’une fédération bizonale sur la base des accords actuels, du droit international et communautaire. Cependant, il rejette toute possibilité de lever un embargo économique de facto au nord comme demandé par la Commission.
La question difficile reste la base des négociations. M. Christofias considère comme point de départ l’accord négocié sous l’égide de l’ONU en juillet 2006 qui appelle à une approche progressive au processus de paix tandis que M. Talat veut partir du plan de l’ONU de 2004.
Les pourparlers de paix sont dans une impasse depuis 2004 lorsque les chypriotes grecs ont rejeté par référendum le plan des Nations unies pour la réunification de l’île. Les chypriotes turcs ont soutenu le plan.
La dernière tentative entre M. Talat et le prédécesseur de M. Christofias, M. Tassos Papapdopoulos s’est soldée par un échec en septembre 2007.