Rétropédalage espagnol sur les travailleurs roumains

Les Roumains qui migrent en Espagne auront désormais besoin d’un permis de travail. Madrid invoque son incapacité à absorber ces nouveaux travailleurs.

EURACTIV.fr

Les Roumains qui migrent en Espagne auront désormais besoin d’un permis de travail. Madrid invoque son incapacité à absorber ces nouveaux travailleurs.

Dès le 1er août, les Roumains devront de nouveau obtenir un permis de travail pour espérer travailler en Espagne, alors que le pays avait levé ces restrictions il y a plus de deux ans.

La Commission européenne a été informée le 22 juillet de la décision espagnole. Motif invoqué par Madrid : l’incapacité du pays à absorber ces nouveaux travailleurs. En l’espace de quatre ans, le chômage a bondi de plus de 150%, pour s’établir aujourd’hui à 21%. Un record dans la zone euro.

Mais la Commission européenne veut s’assurer que ce rétropédalage national, le premier du genre sur le traitement d’un nouveau pays membre, ne viole pas les règles européennes. Un casse-tête juridique s’annonce, puisque des dérogations sont en effet prévues pour l’État qui « subit ou prévoit des perturbations sur son marché du travail qui pourraient menacer gravement le niveau de vie ou d’emploi ».

La Commission attend cependant des preuves chiffrées de ce qu’avance l’Espagne. Avec 861 584 personnes recensées au 31 mars 2011, soit 11,5% de progression en un an, les Roumains représentent la première communauté étrangère du pays. Mais la photographie globale de la démographie espagnole se détériore. Le quotidien El País n’hésite pas à parler d’une « révolution » dans les mouvements de personnes.

Et pour cause, selon des premières analyses effectuées par l’Institut national de la statistique, l’Espagne est redevenue, depuis le mois de janvier, une terre d’émigration.