Réseaux sociaux : Ursula von der Leyen veut lutter contre l’addiction et le cyberharcèlement
La présidente de la Commission européenne s’est engagée à lutter contre le cyberharcèlement et la conception addictive des plateformes lors de son discours devant le Parlement européen avant sa réélection par les eurodéputés jeudi (18 juillet).
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est engagée à lutter contre le cyberharcèlement et la conception addictive des plateformes lors de son discours devant le Parlement européen avant sa réélection par les eurodéputés pour un second mandat à la tête de l’exécutif jeudi (18 juillet).
Dans les semaines qui ont suivi sa nomination par les dirgeants européens, Ursula von der Leyen a courtisé tant les partis de gauche que les partis de droite, dans l’espoir de s’assurer la majorité requise pour être reconduite. Sa stratégie s’est avérée payante puisqu’elle a été réélue jeudi après-midi par 401 voix pour et 288 contre.
Pour les convaincre, elle a fait de nombreuses promesses, notamment sur la régulation des réseaux sociaux.
Les députés européens des Verts et du groupe libéral Renew Europe ont proposé une résolution appelant à une politique sur la conception addictive des grandes plateformes, adoptée en décembre 2023, tandis que le Parti populaire européen (PPE) de centre droit, la famille politique de Mme von der Leyen, souhaitait des mesures pour freiner le cyberharcèlement, si l’on en croit une ébauche de ses priorités datant de la fin juin et vue par Euractiv.
Cyberharcèlement
« Nous lancerons la première enquête à l’échelle européenne sur les conséquences des médias sociaux sur le bien-être des jeunes », a déclaré la présidente de la Commission dans son discours.
« J’ai le cœur brisé quand je lis des histoires de jeunes victimes d’abus en ligne qui s’automutilent, et vont même jusqu’à s’ôter la vie », a-t-elle poursuivi.
Le PPE a appelé dans son projet de priorités au lancement d’un plan d’action européen contre la cyberintimidation et les abus contre les enfants en ligne.
« La cyberintimidation doit être considérée comme une infraction pénale dans toute l’Europe et une définition commune couvrant toutes les formes possibles de cyberviolence doit être adoptée », peut-on lire dans le document.
Dans les priorités de la prochaine Commission, Mme von der Leyen a elle aussi appelé à un tel plan d’action.
« Nous combattrons aussi résolument la multiplication des comportements abusifs en ligne en adoptant un plan d’action contre le cyberharcèlement », peut-on lire dans les orientations politiques de l’exécutif pour la législature 2024-2029.
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Conception addictive
« Les médias sociaux, conjugués à une exposition excessive aux écrans et à des pratiques addictives, y sont pour quelque chose », a également affirmé Mme von der Leyen à l’égard de la santé mentale des enfants dans son discours. Pour remédier à cela, elle promet « des mesures contre les techniques de conception addictive de certaines plateformes ».
Parmi ces techniques, elle cite dans ses orientations le défilement infini, la lecture automatique par défaut ou les notifications push constantes.
Le groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D) a également demandé la mise en place d’une règlementation sur la conception addictive dans ses priorités pour les cinq années à venir, selon un document consulté par Euractiv.
Renew a de son côté aussi « appelé à une nouvelle règlementation sur les risques des réseaux sociaux pour les jeunes » dans son programme, affirmant que les réseaux sociaux exposent les enfants à des contenus nuisibles, ce qui peut conduire à une augmentation de l’agressivité, à des habitudes alimentaires malsaines et à une perception du corps altérée.
« J’ai hâte de voir les mesures présentées par Ursula von der Leyen et je continuerai mon travail pour m’assurer que TikTok ne devienne pas une nouvelle addiction comme la cigarette », a confié l’eurodéputée française Stéphanie Yon-Courtin (Renew) à Euractiv. Elle était l’une des rapporteure fictive sur la résolution 2023 relative à la conception addictive.
La Commission von der Leyen I s’était déjà attaquée aux techniques de conception addictives.
En effet, en avril, elle a engagé une procédure officielle contre la plateforme TikTok en vertu du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) lors du lancement de TikTok Lite, signalant son intention de suspendre le programme de récompense de l’application, qui permet aux utilisateurs de plus de 18 ans de gagner des points en visionnant et en likant des vidéos. L’entreprise a « volontairement » suspendu ce système quelques jours plus tard.
L’exécutif européen s’est notamment dit préoccupé par les effets de dépendance de l’application, surtout pour les enfants, face à l’absence potentielle de réels mécanismes de vérification de l’âge.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]