Reprise des négociations pour la Croatie [FR]

On s’attend à un déblocage des négociations d’adhésion de la Croatie à l’UE grâce à la Slovénie, lors d’une réunion ministérielle aujourd’hui (15 juin). Les deux pays se sont heurtés pendant plusieurs mois en raison d’un litige territorial sur la côte adriatique.

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On s’attend à un déblocage des négociations d’adhésion de la Croatie à l’UE grâce à la Slovénie, lors d’une réunion ministérielle aujourd’hui (15 juin). Les deux pays se sont heurtés pendant plusieurs mois en raison d’un litige territorial sur la côte adriatique.

Gordan Jadronkovi?, le ministre croate des Affaires étrangères, va rencontrer son homologue slovène Samuel Žbogar en marge de la rencontre entre les ministres européens des Affaires étrangères qui se déroule les 15 et 16 juin à Luxembourg.

Cette réunion aura lieu sous la supervision du commissaire européen à l’Elargissement Olli Rehn et de la troïka présidentielle actuelle réunissant la France, la République tchèque et la Suède.

Le 10 juin, M. Rehn a déclaré qu’il s’attendait à ce que les négociations d’adhésion de la Croatie à l’UE se débloquent bientôt. Il a ajouté qu’après six mois de travaux difficiles, les parties étaient maintenant proches d’un accord.

La présidence tchèque de l’UE a également exprimé l’espoir qu’à l’occasion de la rencontre de Luxembourg, on puisse organiser la conférence intergouvernementale UE-Croatie pour le 26 juin. Prague espère que ce succès éclaircira ses derniers jours à la tête de l’UE.

Davantage de problèmes à l’horizon pour les Balkans

Toutefois, cela pourrait ne pas être la fin des problèmes pour la région, puisqu’on s’attend à ce que des obstacles similaires émergent lors du processus d’adhésion des Balkans occidentaux en général, ont affirmé certains diplomates à EURACTIV.

Des diplomates européens ont déclaré que l’absence de frontières clairement définies entre la Croatie et la Bosnie-Herzégovine pourrait bientôt poser des problèmes « cent fois pires » que la querelle actuelle entre Ljubljana et Zagreb, dans laquelle la Commission européenne a déployé des trésors de médiation.

La présidence tchèque a aussi révélé qu’à son invitation, Serge Brammertz, le procureur général du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), allait informer les ministres européens à propos de la coopération de la Croatie et de la Serbie avec le tribunal des Nations unies, basé à La Haye.

Comme l’a rapporté l’agence de presse croate HINA, certains Etats membres ont exprimé des réserves au regard de l’ouverture du chapitre ‘Magistrature et droits fondamentaux’, après que M. Brammertz ait critiqué la Croatie pour ne pas avoir remis certains dossiers militaires clefs concernant l’opération Tempête de 1995, en relation avec le procès contre les généraux Ante Gotovina, Ivan Cemak et Mladen Marka?.

La Croatie persiste à affirmer que certains de ces documents n’ont jamais existés, tandis que d’autres sont manquants. Si la Slovénie enlève son veto, la Croatie pourra ouvrir neuf chapitres politiques et en fermer provisoirement cinq, lors de la Conférence intergouvernementale du 26 juin, toujours selon HINA.

M. Mladi? : un film amateur controversé

Sans aucun doute, les ministres vont aussi interroger M. Brammertz sur l’avancée des recherches du criminel de guerre le plus recherché, Ratko Mladi?, selon des diplomates. Le 10 juin, la chaîne de télévision bosniaque FTV a diffusé plusieurs films amateurs montrant M. Mladic, apparemment enregistrés lors de soirées privées, prouvant ainsi que l’homme responsable du massacre de Srebrenica n’évite pas les évènements publics.

Selon FTV, une des séquences pourrait avoir été tournée il y a moins d’un an. Mais un porte-parole du gouvernement serbe a déclaré que la pellicule rendue publique avait été saisie lors d’une fouille de la maison de M. Mladic en 2008 et remise au tribunal de La Haye. Aucune des pellicules n’avait moins de huit ans, a-t-il insisté.

Les Pays-Bas et la Belgique bloquent actuellement et continueront à bloquer la ratification de l’accord d’association et de stabilisation de l’UE avec la Serbie tant que M. Mladi? sera libre. Des diplomates ont affirmé qu’imposer de telles conditions rendait difficile pour le gouvernement réformiste de Belgrade de résister à la montée des forces nationalistes et anti-européennes.

Dans cette perspective, l’UE va bientôt donner le feu vert pour les voyages sans visas des citoyens de plusieurs pays des Balkans occidentaux. La Macédoine, le Monténégro et la Serbie ont été désignés comme étant les plus proches de cet objectif. Les Croates sont pour l’instant les seuls citoyens de la région à bénéficier de la liberté de circulation à travers l’Espace Schengen.