Renouvelables : inquiétudes sur le retard français
Les professionnels du secteur craignent que la France n’atteigne pas son objectif de 23% en 2020, fixé par la Commission européenne.
Les professionnels du secteur craignent que la France n’atteigne pas son objectif de 23% en 2020, fixé par la Commission européenne.
Lors de son 12e colloque annuel, mardi 1er février, le syndicat des énergies renouvelables (SER) affichait un léger pessimisme. Les professionnels du secteur craignent que la France n’atteigne pas l’objectif d’énergie renouvelable fixé à 23% d’ici 2020. « Nous sommes inquiets pour 2020 car la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement tarde», affirme le président du SER, André Antolini.
Une posture qui tranche avec l’optimisme de la Commission. L’institution indiquait, lundi 31 janvier, que l’objectif fixé pour 2020 serait atteint si les États membres respectaient leurs plans nationaux.
En France, la biomasse électrique (ou cogénération biomasse) et l’énergie provenant du chauffage au bois individuel sont pointées du doigt. « On est pessimistes pour la cogénération biomasse. Pour le moment, il y a assez peu de résultats », indique M. Antolini.
En cause, une baisse tarifaire, aggravée par le faible pourcentage d’appels d’offres concrétisés sur le terrain. Concernant l’énergie produite par le bois, le bilan n’est guère plus réjouissant. Selon le syndicat, le marché annuel de 2010 pourrait voir une baisse de 10% du total des ventes. « Il ne faudrait pas reculer concernant les objectifs sur le chauffage au bois individuel », estime le président.
De meilleurs résultats pour l’éolien et le solaire
Le syndicat est cependant plus optimiste sur l’énergie solaire et l’éolien. « Pour le photovoltaïque, l’objectif communautaire est atteint. Et nous ne sommes pas loin de la trajectoire concernant l’éolien. Pour parvenir au résultat, il faudrait que l’on augmente [la production] de 1200-1300 mégawatts par an », indique Yvon André, administrateur du syndicat.
L’énergie éolienne a de beaux jours devant elle, selon le SER. « Par rapport à l’an dernier, le gouvernement a considéré que la filière éolienne pouvait être créatrice d’emplois. Aujourd’hui, on compte 11 000 emplois directs et on table sur 60 000 emplois en 2020 », souligne André Antolini.
L’objectif de 3000 mégawatts d’éoliennes en mer du Nord d’ici 2015 lancé au deuxième trimestre freinera-t-il l’éolien terrestre en France? Yvon André se veut rassurant : « Sur l’objectif de 25 000 mégawatts d’éoliennes, seulement 6000 proviendront d’éoliennes en mer. Nous continuerons donc à exploiter l’énergie on shore. »