Renforcer le rôle de l'UE dans l'exploration de l'espace
La Commission européenne proposera lundi (4 avril) de renforcer la politique spatiale de l'UE avec l'objectif d'accroître la capacité de l'Union à « mener des missions indépendantes ».
La Commission européenne proposera lundi (4 avril) de renforcer la politique spatiale de l'UE avec l'objectif d'accroître la capacité de l'Union à « mener des missions indépendantes ».
L'Europe a déjà mené des missions d'exploration autonomes, comme Mars Express qui fut lancée en 2003 et qui observe actuellement la planète rouge.
Toutefois, le potentiel de l'UE dans ce domaine doit encore être pleinement exploité, « car ses actions sont trop décousues et il manque un lien entre l'exploration de l'espace et les défis politiques, économiques et sociaux », selon un projet de proposition consulté par EURACTIV.
Le document, approuvé cette semaine par le collège des commissaires, sera officiellement présenté par le commissaire européen à l'industrie, Antonio Tajani, lors d'une visite à l'Institut européen de recherches spatiales (ESRIN) situé non loin de Rome.
Faire comme les Américains
Le regain d'intérêt de l'UE pour l'espace transparaîtra via le « développement de technologiques essentielles pour l'exploration » afin d'appliquer les bénéfices du développement technologique découlant des projets spatiaux à la société dans son ensemble, comme le font généralement les Américains.
L'énergie, la santé et le recyclage sont les secteurs que l'UE identifiera comme essentiels dans les missions d'exploration. La recherche dans ces domaines sera menée au sein du secteur spatial mais également avec d'autres acteurs pertinents.
« Les contributions croisées devraient être promues dans d'autres secteurs afin qu'elles puissent directement bénéficier […] aux citoyens », peut-on lire dans le document de la Commission qui souligne les avantages que de tels développements apporteraient en termes de compétitivité industrielle.
Expédition stratégique
Bruxelles compte également élargir la participation de l'Europe dans la Station spatiale internationale où sont menées une série d'expériences et d'observations stratégiques.
Cette initiative augmenterait aussi le nombre de personnes envoyées à la station et annoncerait un « accès indépendant à l'espace » plus important pour l'UE. A terme, l'Europe sera davantage capable de mener des missions indépendantes à partir du centre spatial européen de Kourou en Guyane française, peut-on encore lire dans le document.
L'Europe joue déjà un rôle clé dans le secteur stratégique des technologies de communication par satellite, mais afin de garder cette position et de s'imposer dans d'autres sous-secteurs spatiaux, la recherche et la politique industrielle devront être développées avec beaucoup d'attention.
Bruxelles souhaite jouer un rôle indépendant dans le secteur clé des technologies de lancement pour les missions habitées et robotiques, surtout après le retrait du programme de navette américaine.
Un marché entier pour les produits spatiaux devrait également être développé dans l'UE avec la participation de différents acteurs, dont les petites et moyennes entreprises (PME), selon les projets de la Commission.
Galileo et GMES
La Commission présentera en 2011 une nouvelle proposition législative sur le programme spatial phare de l'UE pour la navigation satellite, Galileo, ainsi qu'un autre projet du même type, EGNOS (système européen de navigation par recouvrement géostationnaire) avec pour objectif de s'assurer que « la constellation de satellites nécessaires à ces programmes soit mise en place dans des délais raisonnables ».
Les ministres européens du transport, réunis à Bruxelles hier (31 mars), ont souligné que la capacité opérationnelle initiale de Galiléo devrait début en 2014 ou 2015.
Le programme GMES pour la surveillance des eaux, de la terre et de l'environnement aérien devrait lui aussi être « complètement opérationnel d'ici 2014 ». « L'objectif global est de renforcer l'aspect lié au changement climatique du programme GMES », annoncera la Commission.
L'observation de l'espace jouera en effet un rôle crucial dans l'analyse de l'évolution du climat, ce qui permettra aux scientifiques de mieux s'adapter aux changements prévus.
Sécurité
La Commission insistera sur le fait que le programme GMES pour l'observation de la terre est également crucial pour la sécurité.
« Cette composante doit être renforcée », annoncera-t-elle. L'importance de cet instrument est d'autant plus claire à une époque où l'Europe doit affronter de sérieuses urgences humanitaires à ses frontières.
Le GMES pourrait donc jouer un rôle clé dans le contrôle des frontières, la surveillance maritime, l'aide humanitaire, la protection civile et permettrait d'apporter un important soutien à l'action extérieure de l'UE.
Bruxelles propose aussi d'accroître son rôle dans la dimension globale de sécurité de la politique spatiale, en contribuant notamment au développement de nouvelles infrastructures.