Rencontre entre l’UE et les dirigeants serbes et kosovars pour apaiser les tensions

Les dirigeants de la Serbie et du Kosovo rencontreront le chef de la politique étrangère de l’Union européenne à Bruxelles dans le courant du mois.

AFP / EURACTIV.com / exit.al
Kosovo’s Prime Minister in Brussels
Le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune Josep Borrell (à droite) et le Premier ministre du Kosovo Albin Kurti (gauche) lors d'une conférence de presse dans le bâtiment du SEAE à Bruxelles, le 29 avril 2021. [EPA-EFE/KENZO TRIBOUILLARD / POOL]

Les dirigeants de la Serbie et du Kosovo rencontreront le chef de la politique étrangère de l’Union européenne à Bruxelles dans le courant du mois. C’est ce qu’ont annoncé des responsables ce vendredi (5 août), alors que la communauté internationale cherche à apaiser les tensions croissantes entre les deux pays.

Peter Stano, porte-parole de la Commission européenne, a déclaré que le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Albin Kurti avaient accepté l’invitation du Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, Josep Borrell.

« Je peux confirmer que le Premier ministre [Albin] Kurti et le président [Aleksandar] Vucic ont accepté l’invitation du Haut représentant Josep Borrell […]. Ils seront accueillis à Bruxelles le 18 août par M. Borrell et le représentant spécial de l’Union européenne pour le dialogue entre Belgrade et Pristina, Miroslav Lajcak, pour discuter de la marche à suivre », a indiqué M. Stano.

M. Lajcak participera également aux discussions entre les deux pays.

Cette invitation de l’UE fait suite à une nouvelle montée des tensions dans le nord du Kosovo entre la minorité ethnique serbe du territoire et les autorités kosovares de Pristina.

Le Kosovo a déclaré son indépendance vis-à-vis de la Serbie en 2008, moins d’une décennie après une guerre sanglante qui a tué des milliers d’Albanais de souche et fait fuir près de 1,5 million de personnes, ainsi qu’après l’intervention de l’OTAN contre les forces de Belgrade.

Ces dernières semaines, les Serbes vivant au Kosovo ont vivement réagi au projet du gouvernement dirigé par des Albanais de souche d’introduire de nouveaux documents de voyage pour les visiteurs possédant une carte d’identité serbe.

Le gouvernement de M. Kurti souhaite également que les automobilistes possédant des plaques d’immatriculation serbes les remplacent par des plaques émises au Kosovo.

Ces deux mesures ont été prises en réponse à celles que Belgrade a mises en place pour les citoyens du Kosovo, mais cette annonce a entraîné de vives réactions et des manifestants ont bloqué des routes dans le nord du Kosovo.

Une force de maintien de la paix de l’OTAN de 3 775 hommes est toujours présente au Kosovo et a signalé son intention d’intervenir si l’ordre venait à être rompu.

L’ambassadeur américain a finalement persuadé Pristina de suspendre les nouvelles mesures.

Élargissement de l’UE

La Serbie a obtenu le statut de candidat officiel à l’adhésion à l’UE en 2012, mais le processus d’adhésion piétine depuis lors.

Le Kosovo a lui aussi évoqué son envie de rejoindre l’UE, mais cinq des 27 membres de l’UE ne reconnaissent pas encore son indépendance.

Les Serbes du nord du Kosovo refusent depuis longtemps de reconnaître l’autorité de Pristina et sont restés largement fidèles au gouvernement de Belgrade, qui apporte un soutien financier à leur communauté.

Les pourparlers menés par l’UE entre le Kosovo et la Serbie, lancés en 2011 pour renouer les liens entre les anciens ennemis, n’ont pas permis d’aboutir à un accord entre les deux pays.

Le Kosovo est reconnu par une centaine d’États dans le monde, dont les États-Unis, tandis que la Serbie et ses alliés, la Chine et la Russie, refusent catégoriquement de reconnaître son indépendance.