Relance économique : les leaders européens devraient rejeter les appels à une aide fiscale plus impo
Les efforts de relance européens sont déjà suffisants. C’est ce que déclareront les leaders européens lors du sommet de deux jours qui s’ouvre aujourd’hui (19 mars) à Bruxelles. Ils rejetteront ainsi les appels des Etats-Unis à augmenter la contribution européenne pour sortir l’économie de la récession.
Les efforts de relance européens sont déjà suffisants. C’est ce que déclareront les leaders européens lors du sommet de deux jours qui s’ouvre aujourd’hui (19 mars) à Bruxelles. Ils rejetteront ainsi les appels des Etats-Unis à augmenter la contribution européenne pour sortir l’économie de la récession.
Bien qu’il faudra du temps pour que les effets positifs se ressentent, l’effort fiscal (d’un montant de près de 3,3 % du PIB de l’UE, soit 400 milliards) générera de nouveaux investissements, stimulera la demande et créera des emplois, peut-on lire dans les conclusions du sommet, obtenues par EURACTIV.
Le projet fait écho à une récente déclaration de la France et de l’Allemagne, qui ont réfuté les affirmations selon lesquelles l’Europe ne contribuait pas suffisamment à la lutte contre la crise. « Avec un total de plus de 400 milliards d’euros (autour de 3,3 % du PNB de l’UE), […] l’Europe est aux avant-postes dans la lutte contre la récession. » peut-on lire dans la lettre conjointe de la chancelière allemande, Angela Merkel, et du président français, Nicolas Sarkozy (EURACTIV 18/03/09).
« Lors du Conseil européen, nous devrions donner à nos citoyens, à nos partenaires et au monde de l’entreprise un message fort de confiance dans la taille et dans l’efficacité de nos plans de relance », ont ajouté les deux leaders.
Les Européens sous pression à la suite d’une décision surprise de la Fed
La lettre franco-allemande a été rédigée dans un contexte de divisions autour des priorités du G20. En effet, alors que Washington se concentre sur l’augmentation des dépenses gouvernementales, certains gouvernements européens mettent l’accent sur la régulation.
Mercredi (18 mars), la réserve fédérale des Etats-Unis a annoncé une décision surprise d’injecter un nouveau montant de 1,2 mille milliards de dollars dans l’économie américaine, principalement en achetant des titres adossés à une hypothèque. La Fed a également déclaré être prête à racheter 300 milliards de dollars d’emprunts du Trésor pour stimuler les prêts et promouvoir la relance économique.
En janvier, les Etats-Unis avaient déjà adopté un paquet de relance du président américain Barack Obama, d’une valeur de 819 milliards de dollars, faisant ainsi pression sur les Européens pour qu’ils contribuent davantage à la relance de l’économie mondiale.
Toutefois, les dirigeants européens devraient rejeter ces affirmations lors du sommet européen de deux jours, qui s’ouvre aujourd’hui (19 mars).
Dans une déclaration de mercredi (18 mars), le président de la Commission, José Manuel Barroso, a indiqué que les différents plans de relance adoptés par les pays européens représentaient désormais près de 4 % du PIB de l’UE, si l’on inclut dans les statistiques les stabilisateurs automatiques tels que les allocations chômage et les systèmes de sécurité sociale. Il a qualifié les stabilisateurs économiques de moyen rapide et efficace pour maintenir la demande et éviter d’autres suppressions d’emplois. Selon lui, ces outils devraient être par conséquent considérés comme faisant partie du plan de relance européen.
En décembre de l’année dernière, les leaders européens ont approuvé un plan de relance européen de 200 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB. Mais ils soutiendront aujourd’hui que les avantages sociaux, qui font partie du modèle social européen, doubleront ce montant et le porteront à plus de 400 milliards d’euros, soit environ 3,3 % du PIB européen, un chiffre proche de celui du plan de relance massif américain.
Un diplomate de haut niveau a déclaré qu’on ne peut pas affirmer que les dépenses publiques européennes sont insuffisantes. Selon lui, l’Europe a atteint les limites au-delà desquelles la durabilité des finances publiques ne peut être maintenue. Il a ajouté que le sommet du G20 à Londres ne devrait pas concentrer les débats sur la dichotomie entre efforts de relance et mesures de régulation du système financier.
M. Krugman appelle à une relance fiscale plus importante
Mardi (17 mars), Paul Krugman, prix Nobel d’économie, a qualifié la réponse européenne à la crise de complètement inappropriée et a laissé entendre que le continent avait besoin d’un plan de relance durable et de grande ampleur pour sortir de la crise.
Il a souligné que l’économie américaine s’était relevée de la Grande Dépression grâce à cette petite expansion budgétaire appelée Seconde Guerre mondiale, ce qui donne une idée de l’ampleur de la relance nécessaire. Le plan de relance européen, bien en dessous de 4 % du PIB, est complètement inapproprié, selon le prix Nobel.
Au sujet de la zone euro, M. Krugman a déclaré qu’il y avait un problème de compétitivité, qualifiant le déficit de la balance courante de l’Europe de non durable. Il a également critiqué les politiques en matière de mobilité du travail dans la zone euro, indiquant que le relatif manque de mobilité des travailleurs, en comparaison avec les Etats-Unis, n’avait pas aidé l’UE à répondre à la récession.
En réponse aux allégations de M. Krugman selon lesquelles l’Europe était un continent à la dérive et qui manque de leadership, la commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes, a déclaré que l’Europe ne sortira pas de la crise en rêvant à des systèmes dont elle ne dispose pas. Elle a précisé que la Commission avait réussi à protéger le marché unique contre les dangers du protectionnisme, ce qui a son importance pour éviter que l’Europe ne fasse marche arrière.