Réforme des retraites : ultime manifestation avant la décision du Conseil constitutionnel

Plusieurs manifestations ont eu lieu en France, jeudi (13 avril), contre la réforme des retraites, alors que la décision du Conseil constitutionnel est attendue dans la journée.

Euractiv France
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Ce vendredi, la loi sur la réforme des retraites pourrait ainsi se retrouver censurée, que ce soit intégralement, en partie, ou acceptée comme telle. [BENEJAM / Shutterstock]

Plusieurs manifestations ont eu lieu en France, jeudi (13 avril), contre la réforme des retraites, alors que la décision du Conseil constitutionnel est attendue en fin de journée.

L’imminente décision du Conseil constitutionnel planait sur cette 12ème journée de mobilisation. À l’appel de l’intersyndicale, plusieurs milliers de manifestants étaient présents jeudi dans plusieurs grandes villes de France pour signifier, encore une fois, leur opposition à la réforme des retraites.

Quelques heurts ont eu lieu à Rennes, Nantes et Lyon. À Paris, où 400 000 personnes se sont réunies selon les syndicats (42 000 selon la police), un important dispositif policier protégeait le Conseil constitutionnel, alors que le cortège passait non loin de l’institution. Le matin-même, quelques poubelles bloquaient son accès. Quatre personnes y ont été interpellées.

La réponse du ministère de l’Intérieur ne s’est pas fait attendre : en cours de journée, un arrêté préfectoral a interdit toute manifestation devant le Conseil constitutionnel, et ce jusqu’à samedi matin, afin d’éviter les potentiels rassemblements à l’issue de la décision des Sages.

Le Conseil constitutionnel est composé de 9 membres nommés par le Président de la République pour un mandat de 9 ans non renouvelable. Le rôle des « Sages » est de juger si la loi est conforme ou non à la Constitution, selon le droit.

Ce vendredi, la loi sur la réforme des retraites pourrait ainsi se retrouver censurée, que ce soit intégralement, en partie, ou acceptée comme telle. Selon l’AFP, depuis 1958, sur les 744 décisions de constitutionnalité (DC), « environ la moitié ont fait l’objet d’une censure du Conseil ».

Selon la présidente du groupe La France insoumise (LFI – NUPES) à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, interrogée par BFM dans le cortège, l’institution « pourrait faire en sorte de sortir par le haut » de cette crise, en censurant totalement le texte. Et en cas de censure partielle, « le président ne doit pas promulguer la loi, sinon il ne pourra plus gouverner le pays », a-t-elle précisé.

Plus 252 députés principalement de la NUPES ont également déposé au Conseil constitutionnel une demande de référendum d’initiative partagé (RIP). En cas de validation, le référendum devra ensuite recueillir 10 % des électeurs inscrits en France, pour que le Président de la République soumette au peuple un référendum sur sa réforme.

De retour de son voyage aux Pays-Bas, Emmanuel Macron a annoncé qu’il recevra les syndicats après la décision du Conseil constitutionnel, afin de partager dans un « esprit de concorde ».

« J’avais envie de dire ‘lol’ » lui a répondu Sophie Binet, numéro 1 de la CGT, devant les caméras de BFM, avant d’ajouter « qu’il ne pourra pas diriger le pays » même si la loi était promulguée.

La décision est attendue pour la fin de journée.