Réflexions autour d’une nouvelle mobilité urbaine en Europe

Un projet européen propose des recommandations pour un nouveau réseau de transports urbain dans les capitales.

EURACTIV.fr

Un projet européen propose des recommandations pour un nouveau réseau de transports urbain dans les capitales.

Cinq villes européennes mettent en commun leurs idées pour développer des transports en communs durables dans leur agglomération. L’initative, intitulée  projet Caprice pour “Régions capitales pour l’intégration des transports collectifs et l’augmentation de l’efficacité énergétique”, rassemble Paris, Berlin, Vilnius, Bucarest et Varsovie.

Initié en 2008, le projet, qui a duré trois ans, s’est soldé par un guide de recommandations, présenté jeudi 17 mars à Paris. Une trentaine d’idées ont émergé. Elles sont le fruit de la collaboration des autorités en charge du transports de ces cinq villes : VBB pour Berlin-Brandebourg, Primaria Municipiului Bucuresti pour la Municipalité de Bucarest, SISP à Vilnius, ZTM pour Varsovie et le STIF en Île-de-France.

Un projet issu d’un échange de bonnes pratiques

Le texte final fait état de ces échanges de bonnes pratiques entre agglomérations. Il propose par exemple de réfléchir à la mise en place d’une autorité locale de transport pour chaque ville, et réfléchit sur les problèmes liés au financement et à la dépendance pétrolière des moyens de transports.

La directrice générale du Stif (Syndicat des transports d’Île-de-France), Sophie Mougard explique par exemple que les conclusions du projet Caprice s’inspirent du plan de déplacement urbain (PDU),    présenté par son syndicat en 2007. « Nos partenaires ont trouvé cette structure très efficace, et elle a été reprise dans le guide», commente t-elle.

Un sujet déjà débattu entre institutions

Interrogé par EURACTIV.fr, le coordinateur du réseau des transports européens, Gilles Savary, salue cette initiative. Mais, pour cet ancien député européen (PS), qui a mené le combat à Bruxelles pour développer la mobilité urbaine, »ces idées ne sont pas nouvelles ». « Elles s’inscrivent dans un débat européen de longue date », rappelle-t-il.

En 2009, le Parlement européen a approuvé un rapport ambitieux. Le texte contenait des recommandations sur la mise en place d’un plan d’action sur la mobilité urbaine. Il précisait l’importance de répondre aux problèmes de financement en matière de transport dans les villes et mettait l’accent sur l’innovation. Les eurodéputés avaient également plaidé pour la création d’un forum européen permanent sur les transports.

Après un an d’hésitation, la Commission a finalement proposé un plan d’action sur la mobilité  , destiné principalement aux autorités locales et finalement adopté par les ministres européens des Transports en juin 2010.

Le projet Caprice est  co-financé par les fonds européens tranfrontaliers, un programme de coopération transfrontalière. Or, cet argent est en théorie destiné à des projets de coopération entre les pays de l’UE, rappelle Gilles Savary. Pourtant, le projet Caprice met en lumière des solutions nationales. Fervent défenseur d’une approche globale et intégrée dans le domaine des transports, l’ancien député européen regrette que ce projet des villes européennes n’aille pas dans ce sens.