Référendum sur l'euro en Grèce : George Papandreou sous pression

La Grèce ne recevra pas d'argent du renflouement tant qu'elle n'aura pas décidé si elle souhaite ou non rester dans la zone euro, ont déclaré Angela Merkel et Nicolas Sarkozy au premier ministre grec, George Papandreou, hier soir (2 novembre).

/ EURACTIV.fr
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La Grèce ne recevra pas d'argent du renflouement tant qu'elle n'aura pas décidé si elle souhaite ou non rester dans la zone euro, ont déclaré Angela Merkel et Nicolas Sarkozy au premier ministre grec, George Papandreou, hier soir (2 novembre).

M. Sarkozy et Mme Merkel ont fait passer ce message lors d'une conférence de presse conjointe suite aux discussions qu'ils ont eues avec M. Papandreou en marge du sommet du G20 organisé par le président français à Cannes les 3 et 4 novembre.

M. Sarkozy a déclaré qu'il avait tenu à provoquer cette réunion, rassemblant les responsables des institutions européennes et du Fonds monétaire international (FMI), afin d'« entendre » M. Papandreou.

Le premier ministre grec a en effet été convoqué à Cannes après l’annonce surprise de la décision de son gouvernement d'organiser un référendum sur l'accord conclu de justesse pour sauver son pays de la faillite lors du dernier sommet de la zone euro en octobre dernier.

« Nous sommes prêts à aider la Grèce, car la solidarité constitue la base de l'Europe, tout comme le principe de la loyauté. Mais cela implique que la Grèce, pour sa part, respecte ses obligations », a déclaré M. Sarkozy.

Message à l'opposition

Le président français a insisté sur le fait que leur message s'adressait aux dirigeants politiques grecs.  

« Nous avons clairement dit aux autorités grecques, qui comprennent la majorité, mais aussi l'opposition en Grèce qui nous écoute, que les Européens, tout comme le FMI, ne peuvent pas envisager la sixième tranche de l'aide à la Grèce tant qu'elle n'aura pas adopté l’ensemble du paquet du 27 octobre et tant que toute l'incertitude liée au résultat du référendum n'aura pas été levée », a expliqué M. Sarkozy.

Il a affirmé qu'étant donné la gravité de la situation, Mme Merkel et lui-même souhaitaient qu'un consensus politique soit trouvé rapidement en Grèce.

S'agissant du référendum, il a argué que la zone euro ne pourrait pas se permettre de rester longtemps dans l'incertitude.

Un référendum dès maintenant

« S'il doit y avoir un référendum, nous pensons qu'il devrait avoir lieu aussi tôt que possible, et nous avons apprécié les déclarations du premier ministre grec indiquant qu'il pourrait avoir lieu aux alentours du 4 ou 5 décembre », a déclaré M. Sarkozy.

Le gouvernement grec est le seul à pouvoir décider de la date à laquelle le vote aura lieu, mais M. Sarkozy a insisté sur le fait que la vraie question était de savoir si l'avenir de la Grèce se trouvait au sein de la zone euro ou non.

« La Grèce souhaite-t-elle rester dans la zone euro ou non ? Nous l'espérons », a affirmé M. Sarkozy. « Nous l'espérons vraiment. Et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ce soit le cas. Mais il revient à la population grecque de répondre à cette question. Et c'est la question à laquelle elle devra répondre si un référendum est organisé ».

M. Papandreou, qui mène une faible majorité de 152 sièges sur 300 au parlement, devra affronter un vote de confiance dès demain. La décision de la tenue d'un référendum sera prise par le parlement.

Stabilité de l'euro

Aux côtés de M. Sarkozy, Mme Merkel a souligné que la première mission des deux dirigeants était la stabilité de l'euro. « Nous préférons atteindre cet objectif avec la Grèce que sans la Grèce. Mais notre mission de sauvegarde de la stabilité de l'euro est notre premier devoir », a-t-elle déclaré.

La chancelière allemande a ajouté que la décision de M. Papandreou d'organiser un référendum avait « psychologiquement changé » la donne depuis le dernier sommet de l'UE.

Elle a affirmé que M. Papandreou avait accepté que la sixième tranche d'aide soit suspendue tant que la Grèce n'aurait pas accepté les mesures convenues le 27 octobre et tant que le référendum n'aurait pas donné de résultat.

Tout comme son homologue français, Mme Merkel a expliqué que Paris et Berlin attendaient qu'un consensus politique soit trouvé en Grèce, ajoutant que M. Papandreou avait promis de transmettre ce message aux différentes forces politiques de son pays.

Une UE plus forte après le 27 octobre

A la question de savoir si la zone euro était « armée » pour faire face à une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro dans le cas où le référendum se solderait par une réponse négative, Mme Merkel a répondu :   « Nous sommes armés. Les décisions prises le 27 octobre sont les bonnes. L'annonce de ce référendum a changé la situation; ces décisions devront donc être mises en œuvre plus rapidement, afin qu'en fonction de l'issue du référendum, nous puissions prendre les bonnes décisions pour l'euro ».

M. Sarkozy a affirmé que la décision qui avait été prise était de fournir une réponse européenne coordonnée, ferme et définitive pour mettre en œuvre les décisions adoptées à l'unanimité lors du sommet du 27 octobre.

Le président français a expliqué que cette mise en œuvre serait accélérée et que les ministres français et allemand des finances se rencontreraient dans le cadre de l'Eurogroupe dès aujourd'hui avec le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, pour mettre en place le fonds de sauvetage de la zone euro de 1000 milliards d'euros adopté lors du sommet.

Lorsqu'un journaliste a demandé à M. Sarkozy s'il se sentait bien dans son rôle de directeur de la zone euro aux côtés de Mme Merkel, il a répondu que ce n'était pas par plaisir qu'il relevait ce défi.

« Nous sommes responsables de la stabilité de l'euro. L'axe franco-allemand est devenu plus fort avec la crise », a-t-il expliqué.