Recul drastique des frais d'itinérance dans la téléphonie mobile avant leur disparition

Les Européens peuvent maintenant téléphoner et utiliser l’Internet de l’étranger à moindres frais. Les coûts de la navigation mobile sont divisés par deux et ceux des appels d’environ un quart au 1er juillet.

EURACTIV.fr
Neelie Kroes est dans le collimateur de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale  [EC]
Neelie Kroes est dans le collimateur de la commission d'enquête sur l'évasion fiscale [EC]

Les Européens peuvent maintenant téléphoner et utiliser l’Internet de l’étranger à moindres frais. Les coûts de la navigation mobile sont divisés par deux et ceux des appels d’environ un quart au 1er juillet.

Le 1er juillet est à marquer d’une pierre blanche par tous les utilisateurs de téléphonie mobile qui voyagent à l’étranger au sein de l’Union européenne. En effet, les frais d’itinérances subissent une diminution substantielle à partir de ce mois-ci, après une longue bataille de la Commission européenne. Appelés également « roaming », ces frais sont engendrés par l’utilisation d’un opérateur autre que celui auquel est abonné un consommateur.

Désormais, télécharger ou naviguer sur Internet à partir de l’étranger revient moitié moins cher qu’auparavant. De même, les appels téléphoniques de l’étranger coûtent 20 % de moins, et le coût d’une réception téléphonique est minoré de 30 %. Enfin, le tarif de l’envoi d’un SMS ne représente plus que deux tiers du prix pratiqué jusqu’à maintenant.

Autre nouveauté, les opérateurs de téléphonie mobile offrent à partir de ce mois-ci « la possibilité de souscrire à un contrat spécial d’itinérance avant leur départ […] et, leur permettront de choisir un opérateur local de téléphonie mobile ».

« C’est une bonne nouvelle pour les consommateurs. À partir du 1er juillet, le roaming de données est 25 fois moins cher qu’en 2010, lors de la précédente Coupe du Monde de football ! » s’est félicitée Neelie Kroes, vice-président de la Commission européenne et chargée de la stratégie numérique. Elle a poursuivi : « Cette baisse considérable des tarifs des données en itinérance fera une énorme différence pour nous tous cet été. Mais cela ne suffit pas. Pourquoi devrions-nous payer des frais d’itinérance dans un marché unique ? »

Vers la fin des frais d’itinérance

Ces mesures ne constituent en effet qu’une première étape. L’UE se penche actuellement sur la question en vue de supprimer toute forme de redevance d’itinérance. Dans ce contexte, la Commission a soumis un projet de règlement intitulé « continent connecté » en septembre 2013, dont l’objet à terme est de créer un marché unique des télécommunications au niveau de l’UE. L’objectif est de proposer un accès à Internet « neutre et ouvert » et de faire valoir les droits des consommateurs européens au regard des communications mobiles et de la navigation à haut débit sur tout le territoire de l’UE.

Le 3 avril dernier, le Parlement européen a voté la suppression des frais d’itinérance pour fin 2015. La commissaire en charge de la stratégie numérique en avait fait la promesse en 2010. « Ce vote est la réponse que l’UE apporte aux attentes de la population et c’est exactement à cela que l’UE doit servir : lever les obstacles pour rendre la vie des Européens plus facile et moins coûteuse », a-t-elle déclaré. Reste à trouver un accord en trilogue entre les Etats, la Commission et le texte adopté par le Parlement européen.

La présidence italienne, qui a pris ses quartiers depuis le 1er juillet à la tête du Conseil de l’UE, a pour sa part indiqué qu’elle était disposée à appuyer les réformes des télécoms votées par le Parlement européen, et ce, malgré la fronde des grands opérateurs européens.

>>Lire : La présidence italienne devrait soutenir la réforme des télécoms

Les États membres de l’UE, quant à eux, devraient prendre position sur le projet législatif d’ici la fin de l’année.