Réactions mitigées à la proposition de réforme du secteur agricole de l'UE [FR]

Moins de subventions liées à la production, plus d’aides destinées au développement rural et quelques exigences pour maintenir un certain pourcentage de terres en jachère font partie des projets de la Commission pour rendre le régime agricole de l’UE plus réceptif aux forces du marché.

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Moins de subventions liées à la production, plus d’aides destinées au développement rural et quelques exigences pour maintenir un certain pourcentage de terres en jachère font partie des projets de la Commission pour rendre le régime agricole de l’UE plus réceptif aux forces du marché.

L’objectif des réformes proposées est « avant tout de permettre à nos agriculteurs de répondre à une demande croissante et de s’adapter rapidement aux signaux que leur envoie le marché », a déclaré la commissaire européenne à l’Agriculture et au développement durable, Mariann Fischer Boel, le 20 mai dans un communiqué de presse annonçant les plans.

Appelées le « bilan de santé », les propositions se basent sur une précédente communication de la Commission publiée le 20 novembre 2007 et font partie du processus en cours de modernisation et de simplification du régime agricole de l’UE, qui avait été fortement critiqué pour créer des perturbations néfastes dans les marchés agricoles européens et internationaux.

Un autre découplage de la production des paiements est introduit comme une caractéristique principale des propositions, même si les primes à la vache allaitante, aux ovins et aux caprins continueront de bénéficier d’exemptions. Parallèlement, 8% de l’aide directe allouée aux agriculteurs devrait être « modulé », ou transféré, vers le budget de l’UE réservé au développement durable d’ici 2012.

« Les fonds provenant de l’application de ce mécanisme pourront être utilisés par les États membres pour renforcer les programmes concernant le changement climatique, les énergies renouvelables, la gestion de l’eau et la biodiversité », selon la Commission.

Parallèlement, les obligations de «  conditionnalité », au titre desquelles les agriculteurs qui ne se conforment pas aux lignes directrices en matière d’environnement s’exposent à une réduction des aides qui leur sont attribuées, devraient être simplifiées, a déclaré l’exécutif européen.

D’après la proposition, les mécanismes d’intervention en vigueur, permettant d’utiliser les fonds pour racheter le surplus de production, devraient également être supprimés ou réduits pour un certain nombre de produits, en particulier le blé dur, le riz et la viande de porc.

En outre, l’obligation actuelle de maintenir 10% de terre arable en jachère devrait être supprimée. De même les quotas laitiers devraient avoir entièrement disparu d’ici 2015, après plusieurs années de hausses continues des quotas pour garantir aux producteurs un « atterrissage en douceur ».

Les plans de réformes, qui doivent être discutés par les ministres européens de l’Agriculture (qui espèrent parvenir à un accord avant la fin de l’année), sont présentés dans un contexte caractérisé par la flambée des prix alimentaires au niveau mondial (EURACTIV 20/05/08).