Raz-de-marée en Asie : l'UE n'entend pas faire de "musculation avec les chiffres"

Alors que se tient demain un Conseil des ministres extraordinaire consacré au désastre humanitaire frappant l'Asie, le Commissaire au développement Louis Michel souligne que l'accent doit être mis sur les projets de reconstruction à long terme, plutôt que sur l'accumulation de contributions financières immédiates. 

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Alors que se tient demain un Conseil des ministres
extraordinaire consacré au désastre humanitaire frappant l’Asie, le
Commissaire au développement Louis Michel souligne que l’accent
doit être mis sur les projets de reconstruction à long terme,
plutôt que sur l’accumulation de contributions financières
immédiates. 

Les ministres européens des affaires étrangères et du
développement doivent se réunir ce vendredi 7 janvier, lors
d’un Conseil extraordinaire visant à améliorer la coordination des
efforts européens d’assistance aux pays frappés par le
tsunami du 26 décembre. Selon la plupart des observateurs, la
collecte de fonds n’est plus aujourd’hui la priorité essentielle
(plus de 1,5 milliards d’euros
ayant déjà pu être recueillis au niveau mondial) :
les efforts doivent maintenant porter sur le suivi et la
coordination des opérations d’assistance sur le
terrain.  

Le Commissaire européen au développement, le Belge Louis
Michel, en visite dans le région, a souligné que
l’Europe ne souhaitait pas participer à un « concours de
beauté » consistant pour les grandes puissances
mondiales à surenchérir sur le montant des aides
promises. « Le problème n’est pas de faire la musculation avec des
chiffres. Nous verrons au bout du compte quelles sont les promesses
les plus crédibles », a notamment déclaré Louis Michel, tout en
soulignant qu’il ne remettait pas en cause la sincérité des pays
donateurs. 

Les préoccupations exprimées par Louis Michel font écho à celles
de la branche australienne d’Oxfam, laquelle a mis en garde contre
les fausses promesses et exprimé le souhait que « les erreurs du
passé ne se reproduisent pas, ce qui implique notamment la
mise en place d’un programme global d’aide et d’allègement de la
dette au profit des pays touchés par le tsunami ».

L’UE s’est engagée à fournir une aide de 450 millions
d’euros. Chaque Etat membre fournit également sa
propre contribution, à l’instar de l’Allemagne et du
Royaume-Uni (dont les aides s’élèvent respectivement
à 500 et à 73 millions d’euros).  

Lors de la conférence des donateurs, réunie à Jakarta le 6
janvier, le président de la Commission européenne José
Manuel Barroso a souligné qu’il était nécessaire de créer les
conditions d’une « transition sans heurts » entre la phase
actuelle d’assistance humanitaire et une étape ultérieure de
réhabilitation et de reconstruction. « Même si le coût
total de la reconstruction ne sera connu qu’en mars, il apparaît
d’ores et déjà évident qu’il s’agira d’une somme énorme »,
a notamment déclaré le président de la
Commission.