Ratification du traité de Lisbonne : la majorité des Irlandais restent indécis

60% des Irlandais restent indécis pour le référendum du 12 juin sur le traité de Lisbonne, d’après un sondage publié avant la visite de la chancelière allemande, Angela Merkel, et du président de la Commission, José Manuel Barroso, cette semaine en Irlande.

60% des Irlandais restent indécis pour le référendum du 12 juin sur le traité de Lisbonne, d’après un sondage publié avant la visite de la chancelière allemande, Angela Merkel, et du président de la Commission, José Manuel Barroso, cette semaine en Irlande.

Selon le sondage publié, lundi 14 avril, par le journal irlandais Irish Sun, seuls 28% des citoyens irlandais affirment qu’ils voteront en faveur du traité de Lisbonne, tandis que 12% déclarent qu’ils le rejetteront. 

Bien que la part d’électeurs indécis soit passée de 72% à 60%, par rapport à un sondage similaire de décembre dernier, l’issue du vote reste donc toujours très incertaine.

D’après cette étude, l’indécision en Irlande serait en grande partie due au manque d’informations sur le traité : seuls 6% des Irlandais déclarent comprendre parfaitement ses enjeux, tandis que 25% ne les comprennent pas du tout et 40% très peu. 

Afin de soutenir le traité, la chancelière allemande, Angela Merkel, a prononcé un discours pro-européen lors du forum national de l’Europe à Dublin, le 14 avril, dans lequel elle a déclaré que le traité de Lisbonne offrait la meilleure préparation pour l’avenir de l’Europe et permettrait à l’UE de continuer à avancer.

Elle a ajouté que le texte augmenterait les pouvoirs des plus petits États membres tels que l’Irlande, puisqu’un nouveau système de vote à la majorité leur permettrait de bloquer des pays plus grands comme l’Allemagne. Le nouveau système de vote à la majorité est plutôt un problème pour les plus grands pays, a-t-elle déclaré. 

Le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, a indiqué que le discours de Mme Merkel marquait le lancement d’une campagne pro-européenne en Irlande cette semaine, avec la visite du président de la Commission, José Manuel Barroso, jeudi 17 avril.

M. Ahern, considéré comme pro-européen, a annoncé fin mars qu’il démissionnerait au mois de mai afin de ne pas « polluer » la campagne référendaire avec les allégations de corruption dirigées contre lui. Son successeur potentiel, Brian Cowen, a juré de faire du « oui » au référendum sa priorité (EURACTIV 03/04/08 ). 

Ses efforts pourraient cependant être compromis par une note du gouvernement irlandais obtenue par le Irish Daily Mail, lundi 14 avril. D’après le document, la vice-présidente de la Commission, Margot Wallström, aurait déclaré au ministre irlandais des Affaires étrangères, Dermot Ahern, que la Commission atténuerait ou diffèrerait les annonces qui pourraient être inutiles avant le référendum. 

Selon le mémo, le gouvernement estime que la plupart des citoyens n’auront pas le temps d’examiner le texte et suivront les hommes politiques en qui ils ont confiance. Le document stipule que l’objectif est donc de concentrer la campagne sur les avantages généraux de l’UE plutôt que sur le traité en lui-même.

Le premier ministre a minimisé l’importance du mémo, lors d’une conférence de presse commune avec la chancelière allemande, Angela Merkel, en affirmant que l’idée selon laquelle l’Europe changerait délibérément ses déclarations avant le referendum ne serait pas fondée.