Rapport de WWF : les industries vertes créent plus d’emplois [FR]

L’emploi dans les secteurs économes en carbone est déjà en train de dépasser celui des industries polluantes traditionnelles en Europe ; mais l’UE est en train de gâcher l’opportunité de profiter de la crise économique pour démarrer une transition vers une économie compétitive et pauvre en carbone, selon une étude de WWF publiée hier (16 juin).

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L’emploi dans les secteurs économes en carbone est déjà en train de dépasser celui des industries polluantes traditionnelles en Europe ; mais l’UE est en train de gâcher l’opportunité de profiter de la crise économique pour démarrer une transition vers une économie compétitive et pauvre en carbone, selon une étude de WWF publiée hier (16 juin).

Les estimations de l’ONG de protection de la nature montrent que les énergies renouvelables, le transport vert et les produits et services efficaces énergétiquement emploient au moins 3,4 millions de personnes en Europe. La comparaison est favorable par rapport aux 2,8 millions d’emplois dans les mines, l’électricité, le gaz, le ciment, la ferraille, l’acier et d’autres industries polluantes, selon ces estimations.

Les énergies renouvelables emploient 400 000 personnes, et le potentiel de croissance est significatif, selon l’étude. Bien qu’environ 70 % des technologies renouvelables sont dans les mains d’entreprises européennes, seul un petit nombre de pays, avec l’Allemagne et l’Espagne en tête, compte pour la majeure partie des emplois en Europe.

La plus grande part d’emplois verts, aux alentours de 2,1 millions, se trouvent dans les transports durables. L’industrie automobile emploie quelques 150 000 personnes sur ces deux millions, et elle est impliquée dans la production de voitures plus petites, qui émettent moins de 120 grammes de CO2 par kilomètre, souligne le WWF, notant que malgré la crise financière, cette industrie continue à multiplier les chaîne de production.

Il est plus difficile d’estimer le nombre d’emplois dans les activités liées à l’efficacité énergétique, mais le WWF donne un chiffre prudent de 900 000. Il explique que ce secteur est décisif en raison des son effet multiplicateur, puisque l’argent économisé dans l’énergie peut être utilisé dans d’autres secteurs de l’économie plus intensifs en main d’œuvre.

Le WWF a souligné que les politiques climatiques ne menacent pas les emplois dans les industries polluantes traditionnelles, puisque ce sont des changements structurels, comme l’automatisation et les fusions, qui représentent la plupart des pertes d’emploi. Mais il explique que la transition devrait être menée correctement en mettant en place des politiques de reclassement et de protection sociale afin de protéger les individus qui y perdent dans ce processus.

Des incitants verts insuffisants

WWF insiste pour dire que la crise économique a rendu encore plus important la mise en oeuvre de la législation européenne sur l’énergie et le climat approuvée en décembre (voir le LinksDossier d’EURACTIV) afin de créer de nouveaux emplois verts dans cette phase de transition vers une économie pauvre en carbone. Néanmoins, les paquets de relance économique européens n’ont pas été suffisamment verts et la fenêtre se referme sur ce qui pourrait être une opportunité comme on en connaît seulement une fois par génération, clame le rapport.

Alors que presque 64 % du plan européen de relance économique prend en compte les problématiques environnementales, cette proportion s’effondre à 10 % lorsqu’on combine le plan européen avec les fonds des Etats membres, selon une enquête récente de HSBC (EURACTIV 08/04/09). WWF en a donc conclu que ce sont les Etats membres qui tirent vers le bas les investissements verts européens.

Une tendance similaire dans la croissance des emplois verts est visible aux Etats-Unis, selon une enquête du Pew Charitable Trusts publiée la semaine dernière (10 juin).

Sur la période 1998-2007, les emplois verts ont augmenté de 9,1 % pour atteindre 777 000 emplois aux Etats-Unis, bien plus vite que la situation de l’emploi en général, selon le rapport. L’économie pauvre en carbone est toujours en maturation puisque cela ne représente qu’environ la moitié d’un point de pourcentage, mais ils devraient connaître une croissance significative puisque tant les financements privés que publics commencent à arriver, explique le rapport de Pew.

Il a mis en avant que les secteurs de technologies propres résistent mieux à la crise que d’autres. Bien que leur part de capital-investissement ait baissé de 48 % dans le premier quart de 2009, ils s’en sortent plutôt bien, quand l’on compare au plongeon de 61 % de l’économie en général.  

La réglementation européenne pour encourager la transition 

Malgré la position dominante de l’UE en matière d’innovation technologique verte, les Etats-Unis ont bien mieux réussi à réunir des ressources à à risque pour mettre les produits sur le marché (EURACTIV 30/03/09). La législation de l’UE sur le climat  souhaite créer un cadre pour surmonter les obstacles à l’investissement.

Notre étude vise à soutenir les législateurs politiques qui souhaitent apporter les changements nécessaires au passage à une société sans carbone, a déclaré Jason Anderson, chef du département politiques européennes climatiques et énergétiques chez WWF, soulignant les bénéfices économiques de politiques strictes en matière de climat.

M. Anderson a mis en exergue l’actuelle refonte de la directive Performance énergétique des bâtiments, dont il a affirmé qu’elle devrait comprendre un objectif contraignant pour les bâtiments de « zéro carbone ». Dans ses positions en première lecture, le Parlement a mentionnée que tous les bâtiments devraient produire autant d’énergie renouvelable sur place qu’ils n’en consomment d’ici à 2019 (EURACTIV 24/04/09), mais de nombreux Etats membres ont considéré cet objectif comme étant irréaliste (EURACTIV 15/06/09).

L’Italie à elle seule gaspille 17 % de l’énergie totale que l’Europe perd par les bâtiments chaque année, selon le WWF. Si les standards suédois pour les bâtiments étaient appliqués à l’ensemble du continent, l’UE pourrait réduire ses pertes énergétiques de moitié, a-t-il ajouté.