Quota de sucre ukrainien dans l’UE : « pilule amère » pour les betteraviers français
Le syndicat des producteurs français de betteraves sucrières estime que « la pilule est amère » après l’annonce d’un quota d’importation de sucre ukrainien sans droits de douane de 100 000 tonnes annuelles dans l’UE.
Le syndicat des producteurs français de betteraves sucrières estime lundi 7 juillet que « la pilule est amère » après l’annonce d’un quota d’importation de sucre ukrainien sans droits de douane de 100 000 tonnes annuelles dans l’Union européenne.
« Ce volume de 100 000 tonnes est cinq fois supérieur au volume autorisé avant la guerre : c’est l’équivalent de la production d’une sucrerie de l’Union européenne », a déclaré Guillaume Gandon, vice-président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), dans un communiqué.
L’UE a annoncé le 30 juin avoir trouvé un « accord de principe » avec l’Ukraine en matière de libre-échange, notamment sur le volet sensible des importations agricoles.
Afin de soutenir Kiev face à l’invasion russe, l’UE avait instauré depuis 2022 et jusqu’au 5 juin dernier une exemption de droits de douane sur des produits agricoles ukrainiens.
Mais les agriculteurs européens dénonçaient régulièrement une « concurrence déloyale » de l’Ukraine, géant agricole, et demandaient de revenir aux quotas en vigueur avant la guerre, fixés par un accord de 2016.
Pour les rassurer, l’UE a promis des quotas sur les produits tels que le blé, le maïs, le miel, la volaille, les œufs et le sucre : des quotas supérieurs à ceux de 2016 mais inférieurs aux records atteints ces dernières années.
Avant-guerre, le quota de sucre « était limité à 20,070 tonnes par an », rappelle la CGB. Elle relève que « l’ouverture du marché européen, en 2022, s’était traduite par l’afflux de près de 500 000 tonnes par an pendant deux ans, provoquant un effondrement des prix communautaires, avant d’être contingenté à 262 000 tonnes » au cours de la dernière campagne.
Les planteurs français, deuxièmes producteurs européens de sucre de betterave derrière leurs voisins allemands, affirment que le volume accordé à l’Ukraine « ne bénéficiera qu’à une dizaine d’agroholdings, structures commerciales de plusieurs milliers d’hectares, généralement détenues par des capitaux étrangers ».
« Les betteraves sucrières y sont produites dans des conditions non autorisées dans l’UE, avec l’utilisation de 30 produits phytosanitaires interdits en Europe », dénonce le syndicat.
« On a déjà fermé 20 sucreries dans l’UE depuis six ans, dont six en France ! La Commission [européenne] doit donc s’attendre à ce que nous demandions des mesures compensatoires », a ajouté Guillaume Gandon.
Parmi les autres produits importés qui voient leur quota augmenter, figurent la viande de poulet qui passe à 120 000 tonnes (contre 90 000 auparavant), le maïs à 1 million de tonnes (contre 650 000) ou le miel à 35 000 tonnes (contre 6 000).