Que fait votre eurodéputé? Une question délicate [FR]
Dans le contexte de la course aux élections européennes, certains sites Internet tentent de contrôler les eurodéputés en fonction de leur assiduité aux sessions plénières et aux commissions parlementaires. Mais en pratique, la tâche est extrêmement difficile. EURACTIV France a participé à ce reportage.
Dans le contexte de la course aux élections européennes, certains sites Internet tentent de contrôler les eurodéputés en fonction de leur assiduité aux sessions plénières et aux commissions parlementaires. Mais en pratique, la tâche est extrêmement difficile. EURACTIV France a participé à ce reportage.
La semaine dernière, un tel site Internet, www.parlorama.eu, a été contraint de fermer après que ses instigateurs aient été submergés de plaintes de la part des eurodéputés.
Flavien Deltort, ancien assistant parlementaire d’Italie, a tenté de noter les parlementaires en fonction de leur assiduité aux sessions plénières, aux réunions de commissions et la participation générale à la vie parlementaire.
Mais à peine deux jours après le lancement du site, la semaine dernière, M. Deltort s’est vu forcé de le fermer en raison du nombre de plaintes important. Menacé de poursuites par de nombreux eurodéputés, il a décidé de fermer le site Internet provisoirement.
M. Deltort, qui a travaillé comme assistant de l’eurodéputé italien libéral Marco Cappato, a tenté de terminer un projet de son ancien patron, que celui-ci avait demandé dans une proposition déposée en janvier dernier et fournissant une analyse publique de l’assiduité des eurodéputés.
M. Deltort a basé sa classification sur sept catégories de données publiques : l’assiduité aux sessions plénières, aux réunions des commissions, les rapports adoptés, les avis adoptés, les résolutions adoptées, les questions écrites présentées par des eurodéputés et les questions orales posées lors des sessions plénières.
Une méthode quantitative
Cependant, la méthode quantitative choisie par M. Deltort n’a pas pris en compte d’autres activités parlementaires. En effet, quelques heures après la mise en ligne du service, plusieurs eurodéputés avaient déjà protesté contre le site Internet.
En particulier, les eurodéputés ont déploré que des activités très prenantes prises en charge par les coordinateurs de groupes politiques, les présidents ou vice-présidents de commissions parlementaires n’avaient pas été prises en compte.
D’autres ont souligné le rôle des « shadow rapporteur » quant aux dossiers politiques sensibles, ou le temps que les eurodéputés passent dans leurs circonscriptions ou sur des missions à l’extérieur en tant qu’observateurs.
De plus, tous les rapports parlementaires n’ont pas la même importance politique, puisque certains dossiers de grande valeur nécessitent une coordination avec les députés nationaux, tandis que d’autres ne demandent que peu de travail supplémentaire en raison de leur moindre importance.
Lors d’une conférence de presse à Strasbourg, M. Deltort a admis que son classement n’était pas une étude scientifique, reconnaissant que certaines données étaient manquantes pour rendre compte du travail des eurodéputés.
Toutefois, il a aussi souligné que de telles données n’étaient pas publiques et étaient donc impossibles à quantifier.
Les meilleurs et les pires eurodéputés
Dans certains pays, l’étude de M. Deltort a produit des résultats surprenants. En effet, l’eurodéputé eurosceptique britannique Robert Kilroy-Silk a obtenu le meilleur classement par rapport à l’activité parlementaire du Royaume-Uni, dans la mesure où il a été l’auteur d’environ 1 600 questions écrites à la Commission européenne.
En France, l’eurodéputé le mieux classé (61e place) est la socialiste Pervenche Berès, qui a fait campagne contre le traité portant Constitution européenne lors du référendum de 2005. En Pologne, Maciej Giertych, un eurosceptique de la Ligue des familles polonaises, est dans les dix premiers du classement pour le pays.
Selon cette liste, les trois eurodéputés les plus performants sont Marie Panayotopoulos-Cassiotou (Grèce, centre-droit), Raül Romeva i Rueda (Espagne, Verts) et Paulo Casaca (Portugal, Socialistes).
Les trois moins performants sont Umberto Bossi, leader de la Ligue du Nord, le polonais de centre-droit et pilote Krzysztof Ho?owczyc, et le communiste français Paul Vergès.