Qatargate : le secrétaire d’un syndicat mondial limogé

Le secrétaire général de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) a été démis de ses fonctions en raison de ses liens avec le scandale de corruption du Parlement européen impliquant le Qatar.

Euractiv.com
Tripartite Social Summit in Brussels
Luca Visentini avait été arrêté en décembre dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de corruption parmi les eurodéputés impliquant le Qatar et le Maroc. [ EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Le secrétaire général de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) a été démis de ses fonctions en raison de ses liens avec le scandale de corruption du Parlement européen impliquant le Qatar.

Luca Visentini avait été arrêté en décembre dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de corruption parmi les eurodéputés impliquant le Qatar et le Maroc.

Le syndicaliste italien de 54 ans, qui a été détenu pendant deux jours puis relâché, mais qui reste un suspect, a été suspendu par le conseil d’administration de la Confédération syndicale internationale (CSI) en décembre.

Le bureau a décidé samedi (11 mars) qu’il « n’avait plus la confiance du Conseil général » et qu’il serait démis de ses fonctions.

« Les événements de ces derniers mois ont causé un préjudice important à la réputation de la CSI », a déclaré Akiko Gono, présidente de cet organisme qui fédère 338 syndicats dans 168 pays et régions du monde.

« Nous sommes déterminés à protéger la CSI de toute forme d’influence inappropriée, ou même de toute apparence d’une telle influence. »

La CSI a également déclaré qu’un rapport de sa commission spéciale et de ses auditeurs externes n’avait trouvé « aucune preuve que les dons du Qatar ou du Maroc ont influencé les politiques ou les programmes de la CSI ».

M. Visentini a avoué avoir reçu 50 000 euros de Fight Impunity, l’ONG de l’ancien eurodéputé devenu lobbyiste, Pier-Antonio Panzeri. Ce dernier, qui aurait dirigé le réseau de corruption, a conclu un accord avec les procureurs le mois dernier en échange d’une peine plus légère.

Bruxelles a été secouée par cette vaste enquête sur la corruption, qui a provoqué une véritable onde de choc au sein de l’assemblée parlementaire de l’UE et déclenché une controverse internationale.

Le Qatar et le Maroc démentent avoir joué un rôle dans ce scandale, mais les procureurs affirment que M. Panzeri a avoué avoir distribué des pots-de-vin en leur nom afin d’influencer les responsables politiques bruxellois.

M. Visentini a déclaré que l’argent était destiné à couvrir les frais de sa campagne pour devenir secrétaire général de la CSI.

L’organisation a déclaré qu’elle tiendrait un « congrès mondial extraordinaire » pour élire un nouveau secrétaire.

En décembre, la police belge a saisi plus de 1,5 million d’euros en espèces lors de perquisitions à Bruxelles et a arrêté six suspects, dont M. Panzeri et Eva Kaili, alors vice-présidente du Parlement.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]