Prévisions moroses pour l’UE alors que la crise touche l’économie réelle [FR]

Des nuages noirs planent au-dessus de l’économie européenne, alors que la crise financière commence à toucher l’économie réelle. La croissance de la zone euro, qui a chuté à 1,2 % en 2008, va encore baisser jusqu’à 0,1 % en 2009, et certains pays vont entrer en récession. C’est ce qu’indiquent les prévisions d’automne publiées aujourd’hui 3 novembre par la Commission européenne.

euro_googles.jpg
euro_googles.jpg

Des nuages noirs planent au-dessus de l’économie européenne, alors que la crise financière commence à toucher l’économie réelle. La croissance de la zone euro, qui a chuté à 1,2 % en 2008, va encore baisser jusqu’à 0,1 % en 2009, et certains pays vont entrer en récession. C’est ce qu’indiquent les prévisions d’automne publiées aujourd’hui 3 novembre par la Commission européenne.

« Selon les prévisions d’automne de la Commission, les économies européennes sont fortement touchées par la crise financière, qui aggrave la correction intervenue sur les marchés immobiliers dans plusieurs économies à un moment où la demande extérieure fléchit rapidement », indique le communiqué de la Commission. 

La mention de « l’aggravation » de la bulle immobilière peut être considérée comme une référence à l’Irlande et à l’Espagne, dont les économies devraient plonger dans la récession. Selon l’exécutif européen, l’économie irlandaise chutera de 1,6 % en 2008 et de 0,9 % en 2009. En Espagne, la récession sera limitée à -0,2 % en 2009. En 2010, les deux pays devraient reprendre leur croissance aux côtés des autres Etats membres de l’UE. 

Selon les prévisions de la Commission, l’Allemagne et la France, les moteurs de la zone euro, afficheront toutes deux une croissance nulle en 2009, tout comme l’Italie. La reprise devrait intervenir en 2010 avec une croissance de 1 % en Allemagne, de 0,8 % en France et de 0,6 en Italie. 

Hors de la zone euro, l’exécutif européen prévoit que l’économie britannique reculera de 1 % en 2009. Les pays baltes seront eux aussi sévèrement touchés : le PIB de la Lettonie chutera de 0,8 % en 2008 et de 2,7 % en 2009 ; l’économie estonienne plongera de 1,3 % en 2008 et de 1,2 % en 2009 ; quant à la croissance lituanienne, elle devrait rester au point mort (0 %) en 2009. 

Selon Joaquín Almunia, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, « il nous faut une action coordonnée au niveau de l’UE pour soutenir l’économie, semblable à celle que nous avons menée pour le secteur financier. La semaine dernière, la Commission a mis en place un cadre de relance qui vise à stimuler l’investissement et à soutenir l’emploi et la demande. Nous espérons pouvoir recueillir les avis des États membres à ce sujet et, surtout, voir se mettre en place une approche conjointe au niveau de l’UE » (EURACTIV 30/10/08).

La Commission prévoit une baisse de l’investissement et de la consommation entraînant une hausse du chômage. Dans la zone euro, le chômage devrait s’élever à 8,4 % en 2009, puis à 8,7 % en 2010, en comparaison des 7,5 % enregistrés en 2007. Pour l’ensemble de l’UE, le taux de chômage devrait culminer à 8,1 % en 2010.

La seule note positive des prévisions de la Commission – les pires depuis plusieurs années – est la baisse rapide attendue de l’inflation, qui devrait finalement se rapprocher de l’objectif de 2 % en 2009 (2,2 % dans la zone euro, 2,4 % dans l’UE) avant de retomber en 2010 à 2,1 % pour la zone euro et 2,2 % pour l’UE. Par ailleurs, en raison de la récente dépréciation de l’euro, les importations de la zone euro devraient ralentir davantage que les exportations, ce qui devrait « influencer favorablement le PIB ».