Les réductions de la liberté de la presse entraîne l’exode des médias de Russie

Une nouvelle loi russe controversée sur les médias pousse plusieurs médias internationaux à suspendre leurs activités dans le pays.

EURACTIV Allemagne
BBC temporarily suspends work of its journalists in Russia after the introduction of new legislation
L’agence de presse américaine Bloomberg a fait le premier pas, en annonçant vendredi qu’elle cessait ses reportages en Russie. La BBC britannique et le radiodiffuseur américain CNN ont rapidement suivi le mouvement. [ ANDY RAIN/EPA]

Une nouvelle loi russe controversée sur les médias pousse plusieurs médias internationaux à suspendre leurs activités dans le pays.

Selon la nouvelle loi, la diffusion de prétendues « fausses informations » sur la guerre en Ukraine est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison.

L’agence de presse américaine Bloomberg a fait le premier pas, en annonçant vendredi (4 mars) qu’elle cessait ses reportages en Russie. La BBC et CNN ont rapidement suivi le mouvement.

Les médias allemands ont également décidé de limiter leurs reportages en provenance du pays. Les chaînes d’information ARD et ZDF examinent les conséquences de la loi adoptée vendredi et suspendent pour l’instant leurs reportages depuis leurs studios de Moscou.

Les deux médias publics continueront à fournir au public des informations complètes sur les événements en Russie et en Ukraine à partir de leurs autres sites, ont-ils déclaré dans un communiqué publié samedi 5 mars.

Une loi controversée sur les médias

Le contexte est celui de la loi controversée sur les médias adoptée par la Douma d’État russe le vendredi 4 mars.

Selon cette loi, la diffusion de prétendues « fausses informations » sur les forces armées russes est désormais passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison, les écarts par rapport aux déclarations officielles du Kremlin étant déjà qualifiés de « fausses informations ».

L’utilisation du terme « guerre » concernant le conflit en Ukraine, par exemple, est illégale car elle est considérée comme une « opération militaire » visant à « assurer la paix » selon le compte rendu officiel du Kremlin.

Il en va de même pour le nombre de victimes, qui, selon les chiffres du ministère ukrainien de la Défense, est considérablement plus élevé que celui fourni par le Kremlin. Or, leur diffusion est désormais également interdite par la loi.

Les médias russes sont également soumis à une pression croissante depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Plusieurs organes de presse qui s’écartaient de la position officielle russe, par exemple, ont été fermés pour leurs reportages critiques dans les jours qui ont suivi le début de l’invasion.

Les réseaux sociaux ont également fait l’objet d’un nombre croissant de restrictions. Le Kremlin a annoncé qu’il allait bloquer les plates-formes Facebook et Twitter dans le pays vendredi 4 mars, après qu’elles ont toutes deux refusé à plusieurs reprises de supprimer des informations critiques à l’égard de Moscou.