Présidentielle croate : victoire du socialiste Ivo Josipovic [FR]

Le social démocrate Ivo Josipovic, issu de l’opposition, a remporté haut la main l’élection présidentielle hier (10 janvier), promettant de soutenir les efforts du gouvernement visant à achever les négociations d’adhésion à l’UE pour rejoindre l’Union d’ici 2012.

Le social démocrate Ivo Josipovic, issu de l’opposition, a remporté haut la main l’élection présidentielle hier (10 janvier), promettant de soutenir les efforts du gouvernement visant à achever les négociations d’adhésion à l’UE pour rejoindre l’Union d’ici 2012.

M. Josipovic, expert en droit et compositeur de musique classique, qui a relativement peu d’expérience dans la politique, a remporté 60,3 % des voix lors du second tour des élections, a rapporté la commission électorale de l’Etat tôt ce matin (11 janvier).

Il sera le troisième président de la Croatie depuis son indépendance de la Yougoslavie en 1991.

Milan Bandic, maire populiste de Zagreb, soutenu par l’Eglise catholique romaine et les électeurs les plus conservateurs, a obtenu 39,7 % des voix en tant que candidat indépendant. Il a été expulsé du parti social démocrate pour avoir persisté à se présenter aux présidentielles contre la volonté du parti.

Vendredi, deux jours avant le deuxième tour des élections, la police anti-corruption croate a déclaré qu’elle enquêtait sur M. Bandic dans plusieurs affaires.

M. Josipovic a promis d’apporter son soutien à la volonté de la première ministre Jadranka Kosor de mettre en œuvre des réformes et de lutter contre la corruption largement répandue, tel que l’a demandé Bruxelles pour que le pays complète les discussions d’adhésion cette année.

Je veux un combat sans compromis contre la corruption et le crime organisé. C’est ce que j’ai promis, c’est ce à quoi je parviendrai, a dit M. Josipovic, sous les applaudissements de ses sympathisants.

Je pense vraiment que nous voulons tous une Croatie meilleure avec davantage de justice, que nous voulons un pays où le travail est payé et le crime puni, a-t-il dit.

Le candidat de l’actuel parti dirigeant HDZ n’a pas réussi à accéder au second tour des élections. Mais Mme Kosor, qui a pris le poste de premier ministre en juillet et a lancé la lutte anti-corruption, reste la personnalité politique la plus populaire du pays.

Je crois que M. Josipovuc soutiendra les efforts du gouvernement et que nous coopérerons de manière efficace pour le bien-être de nos citoyens, a dit Mme. Kosor lundi.

Une nouvelle équipe pour la dernière avancée vers l’UE

Le HDZ a expulsé la semaine dernière le prédécesseur de Mme Kosor, Ivo Sanader, après qu’il ait annoncé son retour en politique avec une critique acerbe du leadership du parti et du gouvernement. Mme Kosor a déclaré par la suite qu’elle se sentait plus forte que jamais et déterminée à poursuivre les réformes.

Zeljko Trkanjec, analyste politique et rédacteur du quotidien Jutarnji List, a affirmé que la Croatie avait désormais une sorte de « dream team », Mme Kosor et M. Josipovic étant en charge de la phase finale des discussions d’adhésion à l’UE.

Ils peuvent former une équipe efficace et aideront la Croatie à devenir un pays avec un véritable Etat de droit, ce qui est la pré condition de base pour l’entrée dans l’UE, a dit M. Trkanjec.

Toutefois, le chef du parti social démocrate Zoran Milanovic, revigoré par la victoire de son candidat, a vite mis l’accent sur les problèmes à venir, particulièrement l’économie souffrante qui s’est contractée de 6 % l’an dernier.

J’invite le premier ministre à organiser des rencontres et à commencer à débattre des problèmes sérieux, comme le budget peu réaliste. Le gouvernement souhaite continuer à dépenser plus que ce nous avons, ce qui ne peut pas continuer, a-t-il dit.

Des analystes ont dit que le plus grand défi du gouvernement était de sauver le budget serré, considérant notamment que les prévisions macroéconomiques du gouvernement d’une croissance économique modeste sont trop optimistes.

M. Josipovic prendra la suite du réformiste vétéran Stjepan Mesic, dont le second mandat de cinq ans se termine en février. Il aura des pouvoirs limités en matières de politique étrangère, de défense et de servies de renseignement, mais pas en ce qui concerne l’économie ou la législation.

(EURACTIV avec Reuters, traduit de l’anglais par EURACTIV).